HOMÉLIE 15 NOV 2020

Homélie du Père Jean-Marie Dezon – Dimanche 15 novembre 2020

Les lectures de ce dimanche veulent nous stimuler dans notre attente du Seigneur ; les derniers dimanches du temps ordinaire rejoignent et préparent le temps de l’Avent. Dès lors, sans tarder, la parole de Dieu nous invite à la vigilance active, tout d’abord parce que, comme le rappelle Saint Paul dans sa lettre aux Thessaloniciens : « nous ne savons pas la date de cette venue du Christ en Gloire. »

Mais d’ailleurs, au sujet de la venue du Seigneur, écrit Saint-Paul, il n’est pas nécessaire qu’on vous parle de délai ou de date. Ce qui importe vraiment, ce n’est pas de savoir quand le Seigneur viendra, mais de pouvoir le reconnaître et le recevoir déjà présent, vivifiant, appelant, et de savoir si nous sommes prêts à l’accueillir, si nous sommes là, en tenue de service. Dès lors, l’apôtre peut nous exhorter : « Ne restons pas endormis comme les autres mais soyons vigilants, et restons sobres. »

A travers la parabole dite des talents, l’évangéliste Matthieu veut sans doute nous montrer qu’il y a différentes manières de garder au cœur la mémoire du Seigneur : Une qui paralyse – la peur et la crainte –, et une autre qui libère les énergies – la confiance.  Si nous gardons au cœur la mémoire du Seigneur, c’est la pensée de sa miséricorde pour tous et pour chacun qui doit résonner en nous. Si nous marchons résolument sur la terre de l’Evangile, c’est un espace ouvert à notre liberté et à notre responsabilité pour faire fructifier nos dons, pour reconnaître en Dieu la vie qui se donne, pour recevoir toute bénédiction et tout appel venant de Lui.

Dans cette parabole de Matthieu que nous connaissons bien, l’attitude du troisième serviteur devrait pouvoir nous peiner, ou aussi nous interpeler positivement. Au lieu de faire confiance au Seigneur qui lui a fait un don, voici que ce serviteur se défie de lui ; Il en a peur et ne voulant courir aucun risque, il n’entreprend rien pour faire fructifier le talent confié. La peur et le manque de confiance rompent la relation d’amour initiée par le Seigneur. Ainsi peur, manque de confiance détruisent la relation amicale avec le Seigneur qui n’est plus pour ce serviteur qu’un maître exigeant.

Le Seigneur confie à tous au moins un talent, celui de son amour offert auquel nous répondons d’abord par la confiance qui nous ouvre à la relation, à la joie, à la paix. Demandons au Seigneur la grâce de pouvoir faire fructifier ce talent : l’amour de Dieu répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. N’enterrons pas ce talent pour que puisse se développer en nous des trésors de charité et de communion avec nos frères les hommes, des trésors de patience et de douceur, trésor de fidèle espérance, trésor d’évangile, trésor d’humilité, trésor de béatitude, trésor de contemplation. Accueillons ce talent et laissons Dieu nous aider à le faire fructifier. Plus il fructifiera et plus nous aurons à rendre grâce. Plus nous rendrons grâce et plus il fructifiera.  

Père Jean-Marie Dezon

La parabole des talents – Rembrandt
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