VIE ET COUPLE

contraception » humanae vitae » une nouvelle affaire Galilée ?
Publié le 21 novembre 2014 par Paul Blanchard
LOÏC BERGE, prêtre diocésain

« Humanae vitae », une nouvelle affaire Galilée ?

Sur ce point, le car­dinal Vingt-Trois, président délégué du ..Synode, citant Instrumentum laboris, a regretté que trop nombreux sont les couples « qui n’estiment pas que l’utilisation de mé­thodes anticonceptionnelles soit un péché, et donc tendent à ne pas en faire une matière à confession et à recevoir ainsi la commu­nion sans problèmes » (allocution d’ouver­ture des travaux du 9 octobre). C’est la non-réception de l’encyclique Humanae vitae de Paul VI qui est ici amèrement dé­plorée.Les défis pastoraux relatifs à la famille sont aujourd’hui considérables. Le dernier Synode romain a notamment réfléchi sur les moyens de mieux promouvoir « la conception anthro­pologique chrétienne » face à la « mentalité dominante ». La question de la régulation des naissances et de l’ouverture à la vie a été bien sûr abordée.

Certes, le « modèle anthropologique individualiste » est un véritable danger pour la famille. Mais faut-il pourtant le voir partout ? Et en particulier ici, dans la vie sexuelle des couples?

Il faut se rendre à l’évidence : pour le plus grand nombre des couples catholiques d’aujourd’hui, le choix d’une contraception . « artificielle » (quelle qu’elle soit) ne signi­fie pas, dans leur perception personnelle, un refus égoïste de la fécondité, ni une falsification de leur amour conjugal. Se­raient-ils donc alors vraiment dans le « pé­ché », sans le savoir?

Répondre « oui » risque d’aggraver la crise profonde, ouverte par Humanae vitae, entre le Magistère catholique et le peuple chrétien. Bien sûr, cette crise profonde ne saurait constituer en elle-même une raison valable pour abandonner l’enseignement de Humanae vitae ! Il s’agit plutôt de savoir si les couples catholiques sont vraiment, sur ce point, dans un état d’errance morale grave.

L’éclairage que fournit l’Évangile ne leur donne pas nécessairement tort. La morale qu’enseigne Jésus est en effet une morale de la communion des personnes.

C’est la fameuse Règle d’or, qui est au cœur du discours sur la montagne : « Tout ce que vous voulez que les autres fassent, pour vous, faites-le aussi pour eux. C’est là la loi et les prophètes » (Mt 7, 12). Jésus donne ici la charte de la morale évangélique. C’est une morale de l’attention à l’autre. C’est encore la morale de la communion des personnes que Jésus prêche lorsqu’il dit : « // n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13). Il y a également la célèbre parabole du jugement des nations (Mt 25), qui se termine par cette sentence : « En vérité, je vous le déclare, chaquefois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

Le critère de l’entrée dans le royaume, c’est l’attention à l’autre, c’est la capacité à entrer en relation avec lui, à le rencontrer, à lui venir en aide, au nom du Christ.

Dans cette perspective, ce ne sont pas les actes en eux-mêmes qui sont bons ou mauvais, qui sont vertueux ou péchés, mais ce sont les actes considérés dans la pers­pective de la communion des personnes, c’est-à-dire par rapport aux autres, par rapport aux liens d’amour et de fraternité qu’ils permettent de tisser, d’approfondir avec les autres, ou bien dans le fait qu’ils détruisent, entravent ou abîment ces liens.

Si l’utilisation de moyens contraceptifs permet aux couples d’approfondir leur communion, d’accroître leur amour conju­gal, alors ces moyens sont – selon la morale de l’évangile – moralement justes et bons. C’est aux couples de discerner de manière responsable ce qui peut accroître la com­munion de leurs personnes, dans le cadre conjugal, et aussi vis-à-vis des enfants – s’ils en ont déjà. La morale de la communion des personnes est en tout cas ici tout autre chose qu’une apologie de la pilule…

Pendant le concile Vatican II, un autre cardinal, Léon Suenens, archevêque de Malines-Bruxelles, s’était opposé à la condamnation de la pilule et avait supplié ses pairs de ne pas créer • «une nouvelle affaire Galilée». C’est pourtant bien re ce qui s’est passé. Ce serait aujourd’hui un acte courageux de l’Église – acte qui d’ailleurs, contrairement à ce que l’on pense, grandirait en fait la crédibilité de l’Institu­tion ecclésiale – d’affirmer d’une part la sainteté personnelle de Paul VI (sa béati­fication, proclamée le 19 octobre dernier, lors de la clôture du Synode) et d’abroger d’autre part l’un de ses enseignements. Quand reconnaîtra-t-on enfin que le sensus fidei des croyants est à découvrir même en des domaines où le Magistère a à apprendre d’eux? Le débat, qu’a encouragé le pape François durant le Synode, mérite d’être en tout cas poursuivi.

 

 

la chasteté dans le couple vue par des ecclesiastiques:
Publié le 8 novembre 2014 par Paul Blanchard

Deux manières de voir le péché …..qui peut être » crime »

Père Michel Kobik, jésuite, diocèse de Paris

Qu’est-ce que la chasteté ?
Pour expliquer la chasteté en négatif, je dirai que « l’être chaste » s’oppose à « l’être incestueux ».s sexes au profit de son propre plaisir, de sa propre satisfaction. Celui-ci supprime la différence entre les générations et entre lere incestueux possède l’autre pour la propre satisfaction de ses pulsions. Or la chasteté est tout le contraire. La chasteté respecte profondément la différence et refuse de posséder l’autre. Le plaisir reste la médiation de la rencontre et non pas l’élimination de l’un des deux partenaires au profit de son propre plaisir.

La chasteté consiste à recevoir l’autre comme un don et à être reçu soi-même comme un don. Je ne prends pas l’autre, je le reçois parce qu’il se donne. Et moi-même je ne me prends pas, je me reçois d’un autre. […]

En tant qu’accompagnateur, quelles sont les principales difficultés rencontrées par les couples qui essaient de la vivre ?
La principale difficulté c’est la manière dont est reçu l’enseignement de l’Eglise.

Beaucoup de gens se trouvent pris dans un rapport de culpabilité avec des choses qui sont en eux. Ils appellent péché quelque chose qui ne l’est pas. Car le péché ce n’est pas d’abord manquer à une loi mais manquer à une relation.

Chez les couples chrétiens, il y a ce danger constant. D’autant plus que le sentiment de culpabilité n’engendre rien de bon : le trouble, l’inquiétude, l’accusation de soi, la dévalorisation de soi. cela n’entraîne jamais rien de bon et en plus cela se transmet. Lorsqu’on essaie d’être chaste, il y a donc cette première difficulté de se méjuger parce que qu’on n’y arrive pas. Du moins, on n’arrive pas à ce qu’on rêve de la chasteté.

C’est-à-dire qu’il y a une manière de vouloir être chaste qui serait une manière de ne pas vouloir être pêcheur. Or on ne peut pas ne pas être pécheur. Nous sommes pêcheurs. Pécheurs pardonnés, mais pêcheurs.

J’invite souvent ceux qui viennent me voir à ne pas s’enfermer dans la mésestime de soi, la culpabilité, mais à chercher en eux ce qui les apaise, ce qui les encourage.

La première difficulté est donc d’être obsédé par la chasteté au point de nous couper de Dieu lorsque nous n’y parvenons pas, au point de faire de Dieu un menteur qui ne nous pardonne pas et qui ne sait pas de quoi nous sommes faits.

Extraits de propos recueillis par Sylvain SISMONDI

MGR LE TOURNEAU, membre de l’Opus Dei

 

la chasteté signifie l’intégration réussie de la sexualité dans la personne et par là l’unité intérieure de l’homme dans son être corporel et spirituel. La sexualité, en laquelle s’exprime l’appartenance de l’homme au monde corporel et biologique, devient personnelle et vraiment humaine lorsqu’elle est intégrée dans la relation de personne à personne, dans le don mutuel entier et temporellement illimité de l’homme et de la femme. La vertu de chasteté comporte donc l’intégrité de la personne et l’intégralité du don » (Ibid., n° 2337). Elle comporte « un apprentissage de la maîtrise de soi, qui est une pédagogie de la liberté humaine » (Ibid., n° 2339). Se trouvant sous la dépendance de la vertu de tempérance, « qui vise à imprégner de raison les passions et les appétits de la sensibilité humaine », elle est une œuvre de longue haleine, et implique un effort culturel, car il existe une interdépendance entre l’essor dela personne et le développement de la société elle-même » (concile Vatican II, constitution pastorale Gaudium et spes, n° 25). Elle est « un don de Dieu, une grâce, un fruit de l’œuvre spirituelle. Le Saint-Esprit donne d’imiter la pureté du Christ » (cf. Catéchisme de l’Église catholique, n° 2338-2347). « En ce qui concerne la chasteté conjugale, j’assure aux époux qu’ils ne doivent pas avoir peur de manifester leur amour : au contraire, puisque cette inclination est la base de leur vie familiale. Ce que le Seigneur leur demande, c’est de se respecter mutuellement, d’être loyaux l’un envers l’autre et d’agir avec délicatesse, avec naturel, avec modestie. Je leur dirai aussi que les relations conjugales sont dignes quand elles sont la preuve d’un véritable amour et, par conséquent, quand elles sont ouvertes à la fécondité, à la procréation. Tarir les sources de la vie est un crime contre les dons que Dieu a concédés à l’humanité, la manifestation d’une conduite inspirée par l’égoïsme et non par l’amour.

 

Pour en savoir plus :

Le cardinal Vingt-Trois s’interroge sur la communion donnée aux couples recourant à la contraception

Introduisant une discussion du Synode sur « l’ouverture à la vie », jeudi, le cardinal André Vingt-Trois a reconnu que « nombreux sont ceux qui ont des difficultés à saisir la distinction entre les méthodes naturelles de la fertilité et de la contraception en raison de la « mentalité dominante ». « Tout cela n’est pas sans conséquences sur la pratique sacramentelle des couples », a poursuivi l’archevêque de Paris. Ces couples « souvent n’estiment pas que l’utilisation des méthodes anticonceptionnelles est un péché et tendent à ne pas en faire une matière à confession et ainsi recevoir la communion sans problème ». Le cardinal français, président délégué du Synode sur la famille, a demandé à « encourager une mentalité ouverte à la vie pour contrecarrer la mentalité contraceptive et la diffusion d’un modèle anthropologique individualiste qui déterminent en certaines régions du monde une forte baisse démographique ».

 

 

 

> On évoque souvent la situation des mères porteuses, l’aspect contestable de la transaction commerciale, mais rarement les conséquences pour l’enfant. Sur quoi vous basez-vous pour recentrer le débat ?

Sur 30 ans d’expérience clinique en tant qu’haptothérapeute, c’est-à-dire une personne qui accompagne les grossesses en organisant la rencontre entre les parents et l’enfant avant la naissance (…). Je suis très surprise que, dans ce débat, personne ne se pose la question du vécu de l’enfant. La GPA ne peut pas être sans trace, non seulement pour l’enfant mais aussi pour sa descendance (…). L’importance du début de la vie ne fait plus débat. Comment un enfant se construit-il dans le ventre d’une mère qui doit, au terme d’un contrat, s’en séparer ?

> Pourtant cet enfant est lié à la mère porteuse

Qu’on le veuille au non, cet enfant est en lien permanent avec elle. Il partage sa vie (…). Le fœtus guette tout ce qui fait signe. Il est beaucoup plus poreux qu’on le croit au monde extérieur. (…) Cela laisse des traces très profondes. L’enfant in utero se prépare à entrer dans le monde de sa mère.

> Et cette relation s’arrête brutalement…

Le bébé perçoit ce que sa mère perçoit. Cette mère porteuse est essentielle à son stade de développement. Elle est sa planète d’origine. C’est son être même qui s’est construit dans cette relation à cette femme. Et là, on l’oblige à faire un saut héroïque dans le vide, quand arrive la réalisation de ce contrat, la livraison de cet enfant.

> Peut-on atténuer la brutalité de ce contrat ?

La naissance, l’arrivée dans la vie aérienne, est un énorme choc. Le nouveau-né doit en plus composer avec une nette rupture de continuité entre la vie prénatale, la naissance et ses premiers jours. Les grandes personnes croient qu’il suffit qu’elles aient un sentiment d’amour ou d’envie de l’avoir pour rendre heureux un enfant, alors que lui traverse une détresse, au moment de la naissance.

> Quelle sera la réaction de cet enfant lorsqu’il apprendra qu’il a fait l’objet d’une transaction ?

C’est une question cruciale. Il faudra trouver, le plus tôt possible, les mots justes et vrais pour ne pas être destructeur (…). Allez expliquer cela à un adolescent qui sera en délicatesse avec ses parents. Si on n’a pas été respecté, on ne pourra pas respecter l’autre. La façon dont on va s’insérer dans une société difficile dépend en partie de la sécurité affective vécue durant l’enfance.

> C’est un tournant de société ?

On est dans un moment très grave pour l’espèce humaine. Autoriser la GPA, c’est probablement faire un grand pas vers la barbarie. Qu’est-ce qui tient les mammifères humains ensemble, dans une capacité de vivre ensemble et de se respecter les uns les autres ? Cela tient à la manière de se respecter soi-même. Ce qui est à craindre, c’est qu’un enfant qui découvre qu’il est né de GPA perde le respect pour lui-même et pour les adultes à l’origine de cette transaction et que cela déclenche en lui une très grande violence (…). Quel sera le coût humain et social d’une telle pratique ?

> Comment, au final, un enfant peut-il être traité comme un produit de consommation ?

L’enfant né par GPA devient l’aboutissement de la société de consommation, la boucle finale de cette société marchande. On a réifié les animaux et on va donner aux enfants un statut d’animal, de produit dont le destin est de rendre heureux une famille, comme un petit chien comme un petit chat. On regarde d’abord la jouissance des grandes personnes. Nous sommes dans une société où la frustration est insupportable et où tout désir doit être respecté.

 

 » Le statut de la mère porteuse et la cour européenne »

lib479Les juges européens ont tranché: «interdire totalement l’établissement du lien de filiation entre un père et ses enfants biologiques nés d’une gestation pour autrui (GPA) à l’étranger» est «contraire» à la convention européenne des droits de l’Homme.

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) a donc condamné jeudi la France, pour son refus de reconnaître la filiation des enfants nés de mère porteuse à l’étranger.
Saisie par deux couples qui se battent depuis des années pour faire transcrire dans l’état-civil français les actes de naissance de leurs enfants nés par GPA aux États-Unis, la Cour a estimé que le refus des autorités de transcrire ces actes de filiation «portait atteinte à l’identité» des enfants. Ces deux couples s’étaient heurtés, le 6 avril 2011, à une fin de non-recevoir de la Cour de cassation. La plus haute juridiction de l’ordre judiciaire avait jugé «contraire à l’ordre public (…) la décision étrangère (de reconnaissance de la filiation par GPA, ndlr) qui comporte des dispositions heurtant des principes essentiels du droit français». À la suite de cet échec, les deux familles avaient saisi la justice européenne, arguant d’une situation discriminatoire, d’une atteinte à leur vie privée ainsi qu’à leur droit de fonder une famille.
La Cour a estimé que le refus des autorités françaises ne les avait pas empêché de mener une vie familiale «dans des conditions globalement comparables» à celles d’autres familles en France. Mais selon les magistrats européens, les enfants des deux couples se trouvaient «dans une situation d’incertitude juridique», car les autorités françaises refusaient d’admettre le lien entre les enfants et leur père biologique.
«L’intérêt supérieur de l’enfant»

La question posée aux juges européens n’était pas celle de la légalisation de la GPA en tant que telle, souligne Me Patrice Spinosi, avocat d’un des couples requérants, mais bien de la reconnaissance en France des GPA pratiquées dans un cadre légal à l’étranger. Les associations homosexuelles, en tout cas, crient «victoire». «À l’unanimité des juges, la CEDH condamne la France qui a privé des enfants de droits au seul motif de leur mode de conception, jubile l’Association des familles homoparentales. Ce jugement est une victoire pour les enfants nés par GPA car ils étaient les premières victimes innocentes de cette ségrégation et des jugements inhumains des juridictions françaises à leur encontre». Pour le porte-parole de l’APGL, l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens, «enfin les magistrats réfléchissent en fonction de l’intérêt supérieur de l’enfant!»
Du côté des opposants à la GPA, en revanche, c’est la consternation. «La CEDH oblige les États à cautionner les achats d’enfants à l’étranger!, s’indigne Aude Mirkovic, porte parole des Juristes pour l’enfance, et auteur de PMA, GPA, la controverse juridique. Ces enfants sont commandés, facturés, livrés, c’est vraiment une honte! Il est urgent que la France dénonce les compétences de la CEDH, qui est devenue un obstacle pour protéger les enfants».
La gestation pour autrui n’est pas réglementée de manière uniforme en Europe. Totalement interdite en France et dans une majorité d’autres États de l’UE, elle est en revanche autorisée pour les couples hétérosexuels dans certains pays, dont la Grande-Bretagne et les Pays-Bas. La décision de la CEDH obligera la France à se conformer à l’arrêt en adaptant sa législation, et engagera également les législations des 27 autres États membres

 

 

 

 

« Quel courage de se marier aujourd’hui ! »

05 septembre 2014
C’est l’exclamation du pape adressée aux nouveaux mariés lors de l’audience générale de mercredi matin, 3 septembre 2014, place Saint-Pierre.

« Il en faut du courage pour se marier aujourd’hui ! » : c’est l’exclamation du pape adressée aux nouveaux mariés lors de l’audience générale de ce mercredi matin, 3 septembre 2014, place Saint-Pierre.

« Vous êtes courageux, je vous le dis, parce qu’il faut avoir du courage pour se marier aujourd’hui ; voilà les courageux ! », a-t-il lancé en se tournant vers les couples en tenue de mariage qu’il devait bénir au terme de l’audience.

Le pape les a exhortés à « maintenir un contact vivant avec Dieu, afin que [leur] amour soit toujours plus vrai et qu’il dure ».

« Les époux, au moment du mariage, ne savent pas ce qui arrivera, ils ne savent pas quelles joies et quelles peines les attendent. Ils partent, ils se mettent en route ensemble. Et c’est cela le mariage ! Partir et marcher ensemble, main dans la main, s’en remettant entre les mains du Seigneur, toujours et pour toute la vie ! », avait déclaré le pape aux familles du monde réunies autour de lui sur la place Saint-Pierre, le 26 octobre 2013.

 

Il avait ajouté : « Les époux chrétiens ne sont pas naïfs, ils connaissent les problèmes et les dangers de la vie. Mais ils n’ont pas peur d’assumer leurs responsabilités, devant Dieu et la société ; sans s’échapper, sans s’isoler, sans renoncer à la mission de former une famille et de mettre au monde des enfants. Aujourd’hui, c’est difficile… C’est pour cela que la grâce est nécessaire, la grâce du Sacrement… les chrétiens se marient dans le Sacrement parce qu’ils ont conscience d’en avoir besoin ».

Dans un tweet publié le 9 mai dernier, le pape avait défini le mariage comme « une voie magistrale pour devenir saints » : « La sainteté demande le don de soi avec un sacrifice chaque jour ; pour cela, le mariage est une voie magistrale pour devenir saints. »

Ce matin, le pape a également salué les jeunes et les personnes malades, encourageant ces dernières à « trouver [leur] soutien dans le Seigneur Jésus, qui poursuit son œuvre de rédemption dans la vie de tous les hommes ».

 

Documents sur le thème Mariage pour tous.

Le mariage gay ou la dictature de la confusion

par Bertrand Vergeley, philosophe ortodoxe

La question du mariage gay appelle dix remarques.

  1. Il importe d’abord de distinguer la question de l’homosexualité de celle du mariage gay. L’homosexualité appartient à la sphère privée et renvoie à une histoire singulière. C’est ainsi, il y a des personnes dans la société dont la manière d’aimer consiste à aimer une personne du même sexe. Pourquoi en est-il ainsi ? Nous n’en savons rien et nous ne le saurons sans doute jamais, tant il y a de raisons possibles à cela. Toujours est-il qu’il s’agit là d’une réalité que la société se doit de respecter en offrant aux couples homosexuels une protection de leur vie privée au même titre que celle dont peut jouir chaque citoyen……cliquer ici pour lire le document

Voir sur la page Paroisse Catho/L’Argentière-Vallouise  l’Article du bulletin paroissial N°38 hiver 2012

 Quatre mots sur le « mariage pour tous «

 

Une réponse à VIE ET COUPLE

  1. Eliane Robert FRAPPAT dit :

    Si le projet de loi Taubira était adopté, que se passerait-il dans les classes ? Réponse, à la manière du Petit Nicolas…
    Zoom
    © Luc Tesson
    Mots clés

    éducation sexuelle
    enfants
    écoles

    À l’école, la maîtresse était toute bizarre aujourd’hui. Elle nous attendait dans la classe en poussant des gros soupirs, alors que d’habitude elle est toute rigolote, et qu’elle pousse des gros soupirs que quand elle interroge Clotaire et que Clotaire est tout rouge.

    Elle a dit : Bon ! Que comme M. Peillon, le ministre chargé de notre éducation, avait décidé de s’appuyer sur la jeunesse pour faire évoluer les mentalités, on allait faire un cours d’éducation sexuelle et que le premier qui rigole, il irait voir le Bouillon. Nous on n’avait pas du tout envie de rigoler parce que le Bouillon, c’est pas un rigolo.

    La maîtresse nous a regardés et elle a dit que l’important dans la vie, c’était d’être tolérant. Nous on est drôlement tolérants alors on a tous fait oui et Agnan qui est le chouchou, et qui se met toujours devant, il a dit qu’il était encore plus tolérant que tout le monde puisque de toute façon il est le premier de la classe partout sauf en sport. Eudes, il lui a dit : « Fais pas le malin, mon petit pote, sinon tu vas voir comment je suis tolérant ». Et là, je crois que la maîtresse elle a compris que ce serait pas facile aujourd’hui.

    Elle est allée au tableau, elle a attendu qu’on se taise, et elle a demandé avec un air très sérieux : « Bon… Alors… Si vous êtes une fille, levez la main ! » Toutes les filles ont levé la main, et aussi Clotaire, qui avait l’air embêté. Mais la maîtresse elle a dit comme ça : « Très bien Clotaire, c’est ton choix, si tu veux être une fille, c’est à toi de décider ». Là, Clotaire, il est devenu tout rouge et il a dit « Non, M’dame, c’est juste que je veux aller faire pipi ». « Bon, a dit la maîtresse, tu peux y aller ». « Va pas chez les filles ! », a dit Eudes en rigolant. Mais la maîtresse a tapé sur son bureau et elle a dit que si Clotaire voulait aller dans les toilettes des filles, c’était son choix, et qu’il fallait par rigoler avec ça. Et que c’était la théorie du genre, et qu’il fallait que chacun choisisse, et elle nous a fait écrire sur nos cahiers : « Chacun est libre de choisir son genre ».

    « N’empêche, a dit Rufus, moi j’ai un kiki, et je vais pas décider que je suis une fille. » La maîtresse a répondu que c’était de l’hétérosexisme, et qu’il fallait en finir avec l’hétérocratie, et que si ça continuait comme ça on finirait au bagne parce qu’on était tous homophobes. J’ai regardé Agnan, et j’ai vu que même lui il avait rien compris.

    Ça devenait vraiment compliqué et j’aurais presque préféré faire de l’arithmétique. Elle a senti qu’on était un peu perdus, alors elle a essayé d’expliquer de manière pas pareille : « Vous avez un corps… c’est à vous de décider de… ». « Moi, j’ai un goûter, mais j’ai pas un corps !, il a dit Alceste. Mon corps, c’est moi ! » Faut que je vous dise, Alceste, c’est un copain, il aime bien manger, il mâche lentement un peu toute la journée, et ça lui donne sûrement le temps de bien réfléchir à la vie. Souvent quand il se bagarre, c’est moi qui lui tient ses croissants et après il m’en donne toujours un bout.

    Un petit rond blanc sur le tableau tout noir

    Bon, a dit la maîtresse, je continue. Nous on a trouvé ça bizarre, mais on a rien dit parce que des fois la maîtresse c’est comme si elle allait pleurer et nous on veut pas lui faire de peine. Elle s’est mise à faire un petit rond blanc sur le tableau tout noir en disant : « Ça, c’est un spermatozoïde ». Et elle m’a demandé d’expliquer ce que c’était. Ça tombait bien parce que Papa m’avait expliqué la semaine dernière le coup des petites graines que le papa donne à la maman… et après ça fait un bébé dans le ventre de la maman et paf !, le bébé sort. On lui fait des tas de câlins et on appelle Mémé pour la prévenir qu’elle est encore grand-mère.

    « Merci Nicolas, a dit la maîtresse, je reprends la leçon. Bien sûr vous pensez tous qu’une famille c’est un papa, une maman et des enfants. Eh bien, il y a d’autres modèles, et ce serait drôlement rétrograde de pas l’accepter. Et si deux monsieurs s’aiment ou deux dames on voit pas ce qui les empêcherait de se marier et de faire ou d’adopter des bébés. »

    « Ça tombe bien ! a dit Rufus. Moi j’aime bien Léanne et Chloé, alors je me marierai avec les deux en même temps puisqu’on s’aime. » Léanne a dit qu’elle était pas d’accord du tout, et Chloé a dit que de toute façon elle épouserait son papa, et que puisque deux monsieurs qui s’aiment pouvaient se marier, elle pourrait bien se marier avec son papa, parce qu’elle aimait très fort son papa. « Oui, a dit Rufus, mais il est déjà marié avec ta maman ! »

    La maîtresse a dit que c’était pas le sujet et elle s’est remise à taper sur sa table, juste quand on commençait à drôlement bien s’amuser. Et elle a continué à expliquer : avec la technique on peut faire tout ce qu’on veut et tout ce qu’on pourra faire on le fera. On peut faire des PMA ou des GPA (1), et d’ailleurs louer son ventre ou louer ses bras à l’usine, c’est du pareil au même.

    Et elle a expliqué qu’un monsieur peut donner une petite graine à deux dames, qui avec un docteur sauront bien se débrouiller pour faire un enfant. Ou bien deux monsieurs peuvent mélanger leurs petites graines et aller voir une dame pour qu’elle donne sa petite graine à elle, et on donne tout ça à une autre dame qui va faire le bébé dans son ventre et le revendre aux deux monsieurs.

    Puisque je m’aime, j’ai droit à mon clone !

    Moi, a dit Rufus, j’ai vu un reportage à la télé, et on pourra bientôt faire des clones ! Puisque je m’aime, j’ai droit à mon clone ! Mais Agnan a dit que ce serait mieux de le cloner lui, parce qu’il était le premier de la classe et que M. Peillon préférait sûrement qu’on le clone lui et pas Rufus.

    Ils allaient commencer à se battre quand Geoffroy a rangé ses affaires et pris son sac. « Où vas-tu ? », a demandé la maîtresse. « Je m’en vais, a dit Geoffroy. Puisqu’on peut choisir son genre, bah moi, je vais aussi choisir mon espèce. Je suis un pingouin. Et comme les pingouins vont pas à l’école, je rentre chez moi. » J’ai regardé Geoffroy, et je me suis dit que c’était vrai, il avait un peu une tête de pingouin et qu’après tout, c’était son choix. Mais Geoffroy, lui, il a regardé la maîtresse et il a compris que pingouin ou pas, il valait mieux revenir à sa place.

    On allait chahuter, mais on s’est arrêté parce qu’au fond de la classe Juliette pleurait. Juliette on l’entend jamais, elle dit jamais rien… Et Juliette elle a dit que si c’était comme ça, elle allait se jeter sous un pont… Parce que déjà c’était pas facile de grandir surtout quand on a des parents séparés, que si en plus on faisait des enfants sans papa ou sans maman, alors c’était pas juste, c’était simplement moche, et que si tout le monde a le droit de s’aimer il faudrait pas oublier non plus qu’un enfant, ça a besoin d’un papa et d’une maman, et que c’est peut-être ça d’abord l’égalité des droits, et qu’on pourrait donner autant de papas qu’on voudrait à un enfant ça lui ferait jamais une maman.

    Elle a dit tout ça d’un coup, et la maîtresse elle est restée longtemps la bouche ouverte et j’ai bien vu qu’elle avait très envie de pleurer. Mais elle a pas pleuré. Elle a pris Juliette dans ses bras, elle lui a fait un gros câlin comme Maman fait avec moi, en lui disant des choses gentilles dans l’oreille. Après, elle nous a regardés. Et puis d’un coup, comme ça, elle a essuyé le tableau en disant que zut, tout ça c’était des bêtises et qu’on allait pas se laisser faire, et que si M. Peillon voulait faire cours à sa place, qu’il essaie un peu, mais qu’en attendant on allait faire de la grammaire. Non mais sans blague !

    Luc Tesson
    Koztoujours, tu m’intéresses !

    Ils veillent. Qu’est-ce qui les fait marcher ?Posted: 02 Sep 2013 07:00 AM PDT La nouvelle vigueur de jeunes catholiques interpelle. On les préfére dans le rôle qu’on leur avait assigné : obéissants, compassés et vaguement complexés. On ne cesse de vouloir les renvoyer hors du débat public. Et on les découvre résolus et déterminés. Prêts, parmi les Veilleurs, à aller à pied à la rencontre des Français pendant l’été. Prêts à imposer leur choix et leur volonté, à se jouer d’une interdiction préfectorale, à braver un déploiement outrancier de forces de l’ordre pour aller, malgré les intimidations, veiller dans la paix.
    Veiller. Comme on veille un malade. Veiller comme on prépare l’aurore, le jour nouveau. Veiller, comme veille la sentinelle, vigilante et protectrice.

    Cette Veillée du 31 août, frappée d’interdiction, j’y étais, après avoir brièvement rejoint la Marche cet été. Comme l’a dit Gaultier, « les Veilleurs avaient dit qu’ils marcheraient du parvis de La Défense jusqu’à la place de la Concorde, ils ont marché du parvis de La Défense jusqu’à la place de la Concorde ». Ils ont remporté leur « Grand Paris« . Les cortèges de CRS, les cars de police croisant les cars de gendarmerie, sirènes hurlantes, les policiers en civil déployés en nombre sur le trajet, la fermeture de tous les accès des stations Champs-Elysées et Concorde jusqu’à la fin du service trahissaient une fébrilité risible qui contrastait ardemment avec la paisible détermination des Veilleurs.

    Leurs opposants ont glosé sur leur refus de déclarer l’évènement de samedi. Eux se fient à leur conscience, invoquent la liberté et assument cet acte de désobéissance civile qu’ils qualifient eux-mêmes de « modeste transgression ». Ils refusent de considérer que la lecture publique d’Albert Camus, Robert Desnos, Hanna Arendt, l’exécution d’une symphonie de Beethoven, la reprise en choeur du Canon de la paix (« Ecoutez, le temps viendra, les Hommes un jour sauront la vérité (…) la paix sera notre combat, faites que ce temps vienne ») même entrecoupés de témoignages engagés puissent constituer une manifestation. Ils s’amusent ou s’agacent qu’un trouble à l’ordre public puisse être invoqué, alors que depuis avril plus de 200 veillées ont été organisées sans jamais le plus petit incident, ce que l’Etat n’ignore pas, pour avoir dépêché quotidiennement la DCRI sur place.

    Non, les Veilleurs ne demandent ni la bénédiction ni l’assentiment du pouvoir. Et seuls les naïfs, les timorés, ou trop légitimistes continueront de croire que la préfecture de police serait un organe neutre, garant de l’ordre public et des libertés publiques. Elle est la courroie de transmission de Manuel Valls, dont la répression en mars a fait éclore les Veilleurs. Ainsi, de même qu’elle avait proposé pour la manifestation du 24 mars des itinéraires aussi ubuesques qu’un départ depuis le Marais ou un passage par l’étroite rue Saint-Denis (comme me l’a confié samedi l’un des négociateurs de la Manif Pour Tous), elle avait résolu d’interdire cette paisible Veillée. C’est donc sans demander la permission de Manuel Valls que nous avons veillé notre société, entre l’Assemblée Nationale et l’Elysée.

    Ainsi cette jeunesse que l’on voudrait bien rangée refuse le système. Leur maturité et leur résolution sereine forcent l’admiration. Là où tant d’autres ont versé dans la violence, ils ont versé dans la culture et le dialogue. Et, alors que la violence s’épuise, leur mouvement s’enracine. Nés de l’opposition à la loi Taubira, leur attention se porte désormais sur une approche plus globale de notre société défigurée, déprimée, sans projet ni vision, dans un esprit assez proche de l’écologie humaine. Gaultier insistait, sur les plages de Vendée, sur le fait qu’il n’ya pas de mouvement durable qui puisse exister dans la seule opposition. C’est d’autant plus vrai que riposter, c’est toujours agir trop tard.

    Les Veilleurs sont aconfessionnels. Contrairement au mythe que font circuler des esprits embrumés, aucune prière n’est jamais formulée au cours des Veillées si ce n’est peut-être dans le secret des coeurs. Chacun peut ainsi les rejoindre et les Veilleurs veillent aussi à cette ouverture.

    Il n’empêche que leur inspiration est très majoritairement chrétienne. Et puisque la question est posée, deux pistes peuvent contribuer à expliquer cette inhabituelle mobilisation de jeunes catholiques : l’urgence et la transcendance. Forte de sa foi, d’un horizon qui porte au-delà de la mort, cette jeunesse est plus indépendante, plus structurée que d’autres. Elle n’appartient pas au monde, à ce monde, médiatique et politique, elle ne lui obéit pas, elle prend le risque de la dissidence intérieure. Cette jeunesse a saisi qu’aujourd’hui notre société n’est plus naturellement irriguée de valeurs chrétiennes, même laïcisées, qu’elles sont en passe d’être chassées et qu’il est urgent de les proposer de nouveau pour le bien de tous – ce qu’elle appelle le bien commun. Elle a saisi que nous avons passé depuis longtemps la croisée des chemins et que nos routes se séparent dangereusement, tandis que le chemin pris ne produit qu’une société éclatée d’individualisme, déprimée, versée dans la médiocrité et déshumanisée par son oubli des plus faibles. Elle a saisi qu’il y a urgence à porter haut et clair le christianisme, dont notre société et notre culture française ont tant profité jusque-là… et dont nul n’épuisera jamais les bienfaits.

    Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore

    De la splendeur du jour et de tous ses présents.

    Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore

    Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent.

    Robert Desnos

    (1) PMA : procréation médicalement assistée ; GPA : gestation pour autrui.

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