TAMANRASSET

Ghardaïa, novembre 2016

 Chers amis,

Je profite du blog pour vous donner un signe de vie.

Mon insertion dans cette nouvelle mission est très différente en toute chose de tout ce que j’ai pu vivre à Tamanrasset, 1 600 kms plus au sud. Ghardaïa où je vis à présent est à 400 kms au sud d’Alger mais au nord du  Sahara. C’est une oasis du 11ème siècle porteuse d’une culture très particulière, assez fermée si l’on juge avec nos critères mais en fait très solidaire entre eux : une colonie berbère qui maintient un Islam très stricte.

Ma fonction actuelle à l’évêché (l’évêque est actuellement malade en France), m’éloigne des migrants qui cependant, ne sont jamais loin. L’aventure passée, assez engagée, exige de laisser d’autres agir. Mais l’on collabore autrement et j’ai pu lancer un petit cours d’alphabétisation en français pour quelques-uns. Beaucoup, vraiment beaucoup traversent l’Algérie le plus vite possible pour se rendre en Libye puis en Italie. Vous connaissez la suite. Les conditions de déplacements, de vie à Tripoli, le traitement des passeurs depuis le sud du Sahara et d’étapes en étapes restent des conditions de grandes violences. Je ne vous donne aucun détail, les mails étant lus à partir de mots repères. Seulement je termine ce point pour rappeler que corruptions des élites locales ou nationales, réchauffement climatique d’une part, vieillissement de la population en Europe et bien-être souvent outrancier aperçu dans les reportages, film, informations télévisés, continuent d’inciter des gamins parfois et beaucoup de jeunes à « tenter l’aventure ». Ajouté aux guerres horribles du Moyen-Orient, le phénomène migratoire, on le sait à présent beaucoup mieux, mais je l’entends des jeunes eux-mêmes depuis ce pays où je me trouve, est complexe mais directement lié à la mondialisation et aux déséquilibres du système bancaire. Aussi, ne reprochons plus aux migrants de l’être. Accompagnons le mieux possible leur insertion culturelle, professionnelle,… spirituelle.

Nous vivons une assemblée Diocésaine (70 religieuses et religieux originaires de 18 pays différents). Le diocèse est le Sahara entier. Notre situation est très fragile, fragilisé plus encore dans l’environnement actuel; Il vous est difficile de comprendre cela depuis la France, sauf pour celui ou celle qui aurait vécu dans cette région. J’espère pouvoir un jour, l’été prochain peut-être, vous expliquer cela de vive voix. Mais ces hommes et ces femmes engagées sur ces terrains sablonneux sont assez formidables, visitant les prisons, assistant des personnes handicapées, accompagnant les migrants ou simplement pris par la vie quotidienne. L’un des prêtres, polonais de 36 ans, est le seul chrétien de la ville (400 000 hab.) où il se trouve, dans l’ouest du Sahara. Il nous disait dire chaque jour la messe où seul deux chats de son jardin osent de temps en temps passer…

Les travaux du studio où je dois enfin être logé ont commencé. (Il manquait un tampon pour valider le devis !). La somme est complète grâce à beaucoup d’entre vous.

Bonne journée ou plutôt pour vous, bonne soirée,

Bertrand

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Rencontre diocésaine, à Ghardaia, 20-26 avril 2015.

Tamanrasset,

Escale de la migration

Ce témoignage concerne ma rencontre avec le monde de la migration dans la ville de Tamanrasset. Arrivé seulement en aout 2014, je me suis glissé à ma manière, avec ma propre histoire, dans les pas de mon prédécesseur, Marek Nasilowski, parti depuis étudier à Rome. Quatre points vont former le plan de cette information sur la migration à Tamanrasset.

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1 – Tamanrasset et le mouvement migratoire aujourd’hui.

2- Une migration organisée en réseaux

3- AJDD, une association de migrants dans la société algérienne

4- Une plateforme de la migration en Algérie (Décembre 14, avril 15).

  1. Tam et le mouvement migratoire.

Une ville de passage ou de séjour.

Suivant les estimations, la wilaya de Tamanrasset, équivalant la superficie de la France, accueillerait jusqu’à 25 à 30 000 migrants, la ville même de Tamanrasset autour de 10 à 15 000 d’entre eux. En route vers Oran, le Maroc, l’Espagne…, une large moitié ne séjourne que quelques jours, le temps de se reposer de la traversée du désert, souvent douloureuse, de se laver un peu, de trouver un peu d’argent. Très peu resteront plus d’une année voire plus pour envisager finalement une installation à long terme. Mais ces derniers existent, j’en reparlerai.

Issus des pays étendus sur une ligne allant depuis l’Ethiopie jusqu’au Sénégal, la majorité des migrants se prétendent maliens ou nigériens. Ils sont pourvus ainsi de vrais ou de faux passeports, l’Algérie n’exigeant pas de visa des ressortissants de ces deux pays. Nous connaissons assez bien les causes de cet exode de plus en plus massif, même si elles apparaissent complexes : Corruption des administrations empêchant d’obtenir une place, un travail ; corruptions au sein des Etats mêmes dans de nombreux pays sub-sahariens. Mais pas seulement, beaucoup partent pour réaliser un rêve non raisonné entretenu pas les mensonges de ceux qui, partis quelques mois ou quelques années avant, disent être parvenus à leur objectifs. Il faut ajouter à cela, les tensions politiques locales dans un certain nombre de ces pays (Ethiopie, Soudan, Mali, Centre-Afrique, Nigéria) qui favorisent la nécessité d’un départ vers l’étranger partout ailleurs que dans l’enfer déjà vécu.

A Tamanrasset, une population de moins en moins homogène.

Quelques mots sur la population de cette ville dont le peuplement n’a pas 100 ans mais dont le développement rapide est semblable à celui de beaucoup d’autres villes d’Algérie. Charles de Foucauld parle de 19 tentes à son arrivée dans ce village de jardiniers touaregs en 1905. Aujourd’hui l’on parle suivant les avis de 120 000 jusqu’à 150 000 habitants. L’approximation conséquente de ces chiffres ne provient pas seulement du mouvement migratoire. La construction de casernes dans et à l’extérieur même de la ville, permet l’installation toujours provisoire et fluctuante de troupes dont la présence occasionne la montée d’un commerce et donc l’installation de familles issues de l’ensemble de l’Algérie, principalement du nord. De ce fait même, aux côtés des deux peuplements originels (Touaregs et Harratines), se côtoient arabes, kabyles, mozabites, chaque communauté vivant entre ses membres une fraternité forte. Dans ce contexte de société multiculturelle, la communauté migrante constitue une forme de prolétariat disponible, souvent méprisé et exploité mais de plus en plus nécessaire (un « quart monde », cf. en France, p. Joseph Wrezinski)

  1. Une migration en réseaux.

Loin d’être elle-même uniformisée, la communauté migrante n’a donc de communautaire que sa différence ethnique et surtout sociale avec le reste de la population. La peau noire, parlant peu l’arabe mais le français ou l’anglais, les migrants se reconnaissent aussi souvent à la tenue vestimentaire, sobre et plutôt européenne pour les garçons, assez extravagante dans le contexte musulman, pour les filles ou les femmes. Les actes racistes ne manquent pas hélas, de la part de jeunes arabes ou touaregs, envers les femmes surtout qui ne peuvent se hasarder à sortir dès la tombée de la nuit.

Une « communauté de destin ».

Ce sont les conditions de vie des migrants qui les unissent le mieux. Installés pour la majorité dans la périphérie d’une ville sans cesse en expansion, les conditions d’hygiène, de confort et de nourriture sont déplorables voire même dangereuses. L’hiver particulièrement (novembre-mars), la promiscuité des lieux pouvant recevoir jusqu’à 30 hommes et femmes dans la même salle est la cause d’épidémies de grippes ou d’angines jusqu’à la tuberculose. Fort heureusement, l’Algérie offre un système de santé gratuit et souvent d’un bon niveau de suivi médical. Mais bien souvent, la précarité, la méconnaissance de la langue, la peur d’être repéré par la police, etc., empêche le migrant malade de s’adresser aux services hospitaliers… Peu de choses réunissent en vérité la communauté migrante. Celle-ci est en fait divisée par une organisation sévère faite de réseaux appuyés sur les ethnies.

Les réseaux et les rivalités.

Le terme collectif « migrants », est finalement un terme occidental. Celui qui part de son pays, de sa famille, de son foyer même, laissant derrière lui un ou deux enfants, parfois même une épouse qui viendra ou non le rejoindre plus tard, se perçoit comme « un aventurier ». Le mot parle. L’aventure se vit en fonction d’un objectif de départ (l’Europe…, gagner facilement sa vie…, avoir une belle voiture et pouvoir envoyer des photos par Face book à ceux qui sont demeurés au village ou au quartier…). Les objectifs deviennent assez rapidement flous, après avoir été détroussé financièrement par les passeurs (les « Coxeurs » – souvent liés aux trafics de la drogue), ayant subi la soif, la faim, les blessures… Mais en dépit de tout cela, l’aventure devient un en soi. L’on cherche à la poursuivre par tous les moyens accessibles, à retrouver des frères et des sœurs, à nouer des liens forts entre membres de sa tribu parlant la langue de la maman. Quand on pénètre enfin dans une ville étape, l’on se renseigne et l’on demande l’hospitalité à un chef de ghetto issu de la même langue. Le chef du ghetto ou du foyer n’est pas un ami, seulement un frère de langue. Il saura abuser de la fragilité du nouvel arrivant mais il accueille un frère et le nouvel arrivant se sent un peu chez lui.

Les ennuis continuent.

Ce ghetto est un refuge pour le nouveau venu encore imprégné de la vie de son village ou du quartier de son enfance. Mais il va vite subir une loi où « les loups » agissent en toute impunité. Les méfaits sont nombreux envers le nouvel arrivant. S’il lui reste encore un peu d’argent, il pourra payer les 1000 Da pour son entrée dans le ghetto et les autres 1000 Da pour la couverture. Ensuite il aura à vite trouver du travail pour « payer » le droit de rester. Le migrant ou l’aventurier de passage devra en effet savoir rapidement repérer les lieux où l’on vient chercher de la main d’œuvre : les ponts, les radiers ou les places principales de la ville. Mais il devra aussi se prémunir de la violence des racketteurs (les Grecsman), des sortes de mercenaires sans scrupules au sein de la communauté migrante qui font un détroussage en règle des biens qui restent, accompagné de violences physiques. Mais l’aventurier va résister car il ne peut faire autrement. Rares sont ceux qui renoncent : seule la maladie grave (Cancer, tuberculose, VIH) aura raison du rêve entretenu contre toutes les infortunes de la route, mais pas toujours. Après Tamanrasset, les étapes sont encore nombreuses avant l’Europe : Ghardaia, Béchar, Oran, le Maroc puis quelques-uns, si peu, parviendront à l’ile de Ceuta… Entretemps, combien de souffrances ou de délits commis auront marqué le cœur, la mémoire, l’âme du jeune issu de pays dont les dirigeants ne cherchent même plus pourquoi leurs enfants sont partis.

  1. AJDD.

Revenons à Tamanrasset. En somme, le nouvel arrivant dans cette ville frontière située proche du Mali, du Niger ou encore de la Libye et pas si loin du Tchad, trouvera des « frères », des « sœurs » qui pourront ou bien l’orienter vers les petites puis grosses délinquances ou bien l’épauler. La différence des situations n’est pas arbitraire. Un aventurier sait reconnaître dans les yeux le bon du mauvais garçon ou de la mauvaise fille. Les plus anciens parmi ceux qui ont gardé le souci d’une vie sans fraude ou qui ont seulement décidé de changer le chemin tordu dans lequel ils se seraient engagés, sauront à quel nouvel arrivant faire confiance et lui proposeront un travail avec eux. S’il a quelques capacités au travail difficile ou du savoir faire, il se l’attachera et ce dernier entrera dans un cercle de frères plus conscientisés sur les risques de la migration et plus soucieux de s’en sortir par le haut. C’est dans cette ligne de vue que s’est créée AJDD.

Le nom décrit le programme : Association des Jeunes Débrouillards de la Diaspora. L’on pourrait faire un discours sur le choix des termes mais il vaut mieux être plus concret. Créée un 1er janvier 2011, cette association ouverte à tous les migrants est l’un des volets positifs de la vie en réseaux au sein de la migration. Sa devise est « solidarité, fraternité, respect ». Inspirée des procédés d’autofinancements du Microcrédit initié en 1976 depuis le Bangladesh par Muhammad Yunus, AJDD a peu à peu adapté son action au terrain particulier de la migration. En quelques mots, il s’agit pour la trentaine de ses membres actuels de s’assurer de la protection de l’argent gagné en agissant comme une petite coopérative de solidarité. Les membres qui souhaitent entrer dans AJDD deviennent des adhérents. Ils s’inscrivent et versent un montant d’entrée de 1000 Dinars.

           AJDD : Comment ça marche ?

Chaque adhérent bénéficiant des moyens de solidarités mis en œuvre entre les adhérents, il peut bénéficier :

  • D’une formation proposée aux nouveaux venus par les plus anciens, notamment aux métiers du bâtiment, de la couture, de la coiffure.

  • D’une aide matérielle apportée lors des grandes fêtes dans les ghettos (Noël, nouvel an).

  • De l’appui d’un projet par le bénéfice d’une « tontine ». Chaque semaine, les adhérents versent une sorte de cotisation. Une somme est ainsi constituée et elle sera confiée à l’adhérent porteur d’un projet. La somme reçue par le bénéficiaire étant à rembourser semaine après semaine. (Dans le cas de non remboursement, une pénalité est infligée chaque semaine).

            Plusieurs tontines sont ainsi proposées. En dinars : 1 000, 2 000 (remboursements hebdomadaires) et 10 000 (remboursements mensuels). Ces montants croissants permettent la réalisation de projets plus importants mais occasionnent évidemment des remboursements proportionnés à la somme reçue d’un montant égal : 1 000, 2 000 ou 10 000.

  • D’un fonds d’aide prévu en vue d’augmenter les moyens d’une solidarité. Versement annuel de 5 000 DA de chaque adhérent. Il permet notamment d’assister un membre atteint de maladie ou d’accident.

  • D’un fonds de rapatriement d’un montant annuel de 6 000 DA permet une contribution au retour vers le pays pour un adhérent atteint d’une maladie importante nécessitant ce retour.

Ajoutés à ces dispositifs :

– la mise en place de trois banques d’épargne : annuelle, scolaire, trimestrielle. Elles permettent à l’adhérent d’épargner son argent et de bénéficier d’un intérêt en fin d’année. Celui-ci varie selon la somme déposée estimée à partir de l’ensemble des sommes déposées par les adhérents.

– Le moyen de faire un emprunt pour tout adhérent. Il reçoit une somme correspondant à son besoin mais il dépose auparavant 10% de la somme reçue. Cet emprunt est accepté pour une durée de deux mois. Il est entendu en outre, que la somme susceptible d’être empruntée ne peut excéder les trois-quarts des sommes déposées, cumulées par l’adhérent. Dans le cas de non-remboursement, la somme empruntée peut être reconduite pour un mois mais avec un dépôt de 10% supplémentaire. Au-delà de ce délai, AJDD retrouve la somme prêtée en recourant au retrait des avoirs de l’adhérent. Celui-ci ne peut plus accéder aux emprunts jusqu’à la fin de l’année en cours.

            AJDD dispose d’un règlement intérieur complétant ses statuts. Ce règlement intérieur prévoit un certain nombre d’exigences et de sanctions permettant la bonne marche des activités de l’Association. Dans une étape ultérieure, la possibilité d’officialiser AJDD à travers ses statuts rendus conformes aux lois sur les associations en vigueur en Algérie, exigera que ses responsables aient un statut légal devant les autorités administratives algériennes. Chacun des membres du bureau d’AJDD est conscient de la nécessité de la démarche et y réfléchit déjà pour les mois ou années qui viennent.

  1. Une plateforme Migration en Algérie.

Une initiative de la seule société civile algérienne est apparue en 2014. Elle veut tenir compte de la réalité de migrants dans la société algérienne ; une société plus coutumière de faire des constats sur l’émigration des algériens vers l’Europe que d’être pays d’accueil de migrants. Cette plateforme tient compte de la présence d’un nombre croissant de migrants subsahariens et propose de travailler en réseau avec des acteurs issus d’horizons divers du monde associatif, d’organismes de santé et de justice. Le but lui-même est de chercher ensemble à améliorer les conditions de vie, de santé, d’accès aux droits de ces ressortissants étrangers.

Une première rencontre a eu lieu à Alger les 12-13 décembre 2014. Les acteurs, rassemblés par l’association de Médecins du Monde, se sont découverts et ont pu partager leurs approches respectives des questions liées à la migration subsaharienne. Le panel des associations représentées est large. Celles qui touchent les droits de l’homme ou la dignité des citoyens (Amnesty International, Le comité italien pour la migration, le Réseau des avocats de défense des droits de l’homme, Le réseau NADA, concernant les droits de l’enfant et sa protection) ; des associations liées à la santé (Médecins du Monde, des représentants du centre de dépistage des IST VIH d’Alger, Green Tea, œuvrant à Tamanrasset pour le dépistage et la prévention du VIH, Solidarité AIDS) ; Enfin des associations liées à l’accueil et l’accompagnement des migrants de diverses manières (La Caritas Algérie, Santé Sidi El Houari (SDH), Rencontre et Développement). S’est ajouté à ces associations dans la deuxième, AJDD dont je viens de vous parler). Il en est résulté la nécessité de produire une charte comme base utile de travail ensemble. La rencontre des 10-11 avril 2015 a permis de compléter la rédaction de cette charte et de faire signer par les représentants des différents organismes présents.

Les axes de cette plateforme pourraient se résumer ainsi : Donner la parole le plus possible aux migrants pour entendre leurs besoins et les accompagner dans les solutions concrètes à y apporter. Pour cela, s’organiser en un réseau pour permettre, outre une meilleure communication sur les actions menées et à mener, développer une synergie pour la protection des personnes et la défense des droits des migrants au sein de la société algérienne.

Conclusion :

Le phénomène de la migration suit celui de la mondialisation dans ce 21ème siècle aux débuts quelques peu chaotiques. Il s’est appuyé sur les mêmes moyens pour échapper aux limites symboliques des frontières : Internet, chaines de TV satellitaires, téléphones portables, etc. Si la mondialisation est économique, elle est surtout médiatique. Tout est vu, tout peut être su depuis le village le plus reculé de tous les continents. Le luxe de certains est alors exposé aux yeux ronds des plus démunis de notre monde. Les envies sont inévitables et envoient sur les routes vers des lieux du bien être imaginaire, des millions de garçons ou de filles qui deviendront les aventuriers de demain. On le sait à présent, le mouvement va se poursuivre et augmenter autant de temps qu’un certain nombre de dirigeants des pays les plus pauvres souvent, ne prendront pas conscience du crime qu’ils commettent chaque jour en laissant partir leurs enfants ; que les dirigeants des pays riches chercheront d’abord à satisfaire une audience électorale toujours fragile, aux dépens trop souvent d’une lecture réelle de la marche chaotique des hommes et des femmes d’aujourd’hui. Ainsi, chaque jour, des centaines de milliers de nouveaux migrants mélangent détresses et espoirs dans les cales surchargées des bateaux méditerranéens.

Constater seulement serait inutile. Il s’agit pour nous, chrétiens, de nous associer aux appels du Pape François en faveur des sœurs et des frères en migration. « Seigneur, priait-il, que nous entendions aujourd’hui aussi tes questions : « Adam où es-tu ? », « Où est le sang de ton frère ? ».

AJDD est une réponse toute simple et généreuse. Ces garçons et ces filles qui demandent à Dieu à chaque début et à chaque fin de rencontre hebdomadaire de venir présider la séance, apportent l’espoir ‘qu’un autre monde est toujours possible’ quand deux ou trois se réunissent au nom de Celui qui est Amour et Miséricorde. Au bout de ces neuf premiers mois de présence en terre d’Algérie et, parmi mes découvertes, je fais le vœu de voir se lever des missionnaires de la migration, formés à l’écoute et l’accompagnement des personnes, à l’intercession auprès du Seigneur pour chaque aventurier dont l’âme et pas seulement le corps a besoin d’amitié et de réconfort pour ne pas se perdre sur un chemin où tout peut survenir.

p. Bertrand Gournay (Tamanrasset).

Une réponse à TAMANRASSET

  1. Sophia dit :

    Bonjour Bertrand,

    Merci pour ton témoignage.
    Je compte voyager en Algérie en mai prochain. Puis-je venir vous rendre visite à Ghardaia ?
    Merci pour votre retour

    Sophia

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