– Vendredi Saint

Homélie du Vendredi Saint

Adam où es-tu ? Crie à nouveau le Christ en croix. Je suis venue là à ta recherche et, pour pouvoir te trouver, j’ai tendu les mains sur la croix. Les mains tendues, je me tourne vers le Père pour rendre grâce de t’avoir trouvé, puis je les tourne aussi vers toi pour t’embrasser.
Comment résister à cet appel ? Nous sommes tous présent aujourd’hui au pied de la croix, nous la vénérons, nous saluons le bois qui a porté le salut des hommes, en cet instant. Et nous sommes confrontés à notre liberté. Le Christ sur cette croix n’étend pas les bras pour nous juger, il ne les étend pas pour nous condamner, mais pour nous rassembler. Il attend au milieu de ses souffrances que nous coupions les liens qui nous retiennent en dehors de son amour, pour nous recevoir dans ses bras. Il est le berger qui veut rassembler son troupeau et la brebis qui est offerte pour sauver le troupeau. Qu’allons-nous répondre à cet appel ? Jésus ne vient pas sauver l’humanité, non, il vient sauver chacun d’entre nous. C’est très différent, à cause de notre liberté. Jésus ne vient pas sauver ceux qui ne veulent pas être sauvés, il offre son salut à tous, certes, mais seul ceux qui le cherchent le reçoivent. Qu’allons-nous répondre à cet appel ? Seigneur ce sont mes péchés que tu assumes sur la croix ? Ou alors que m’importe cette croix et de quels péchés suis-je coupable ?
La mort du Christ sur la croix ne doit pas être vaine, l’amour ne doit pas faillir. Il nous faut répondre de tout notre cœur à cet appel, sans cesse renouvelé par la messe et les sacrements. Il faut nous jeter à cœur perdu et à corps perdu dans ce pari fou de l’amour qui ne se réalise pas sans que nous reconnaissions d’abord la faiblesse de notre jugement, toujours prompt à nous orienter vers l’amour de nous même plutôt que vers celui de Dieu et des hommes qui nous entourent. Le Christ est là qui nous tend les bras, il veut nous couvrir de ses ailes, nous plonger dans la joie de son amour et nous fortifier devant les épreuves.
A vue humaine tout semble pourtant perdu, accompli, classé. Mais nous entrons dans le temps de l’espérance, le corps inanimé qui a été descendu de la croix va s’animer de nouveau et le Seigneur ressuscité reviendra dans la gloire pour chercher chacun de ceux qui lui auront été fidèle. C’est le temps de l’espérance où l’homme ne doit pas se décourager et se livrer à lui-même, mais se tourner vers le Christ, son seul salut à cause de la croix.

E Le Conte