*Pâques 2017 – Jour

Dimanche de PÂQUES, à Briançon Collégiale

« Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! ».

Voilà comment se saluaient les premiers chrétiens le jour de la fête de Pâques, le jour qui voit renaître le Jour, le jour pour notre jour. Car en effet, au matin de Pâques, tout commence nouvellement. C’est une nouvelle naissance pour Dieu et pour l’humanité. Le jour qui jaillit du cœur de cette nuit devient « le père des jours », le jour du réveil de l’homme-Dieu, le jour où le premier-né d’entre les morts refait de nous des vrais vivants.

« Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! » Avec lui, par lui, la lumière triomphe de la ténèbre ; les pleurs se muent en chant ; le deuil se change en une danse. Bientôt, les disciples qui accourent pour voir le tombeau vide vont courir porter la nouvelle à toutes les extrémités de la terre, la Bonne Nouvelle du Salut. En cette heure même, au cœur de Jérusalem, l’Evangile naît : le Christ est ressuscité ; plus rien jamais n’arrêtera sa course.

Nous voici nous-mêmes devenus enfants de Dieu, cohéritiers du Christ. Nous pouvons entendre résonner à nos oreilles l’hymne d’espérance : Le Christ notre Pâque a triomphé de la mort, sa victoire est aussi la nôtre, la mort du monde est vaincue par la vie de Dieu. Au cœur de la terre, et sur la terre de notre cœur, retentit le chant et l’appel : « Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera ».

Mais, dans le monde nous entendons dire : « comment nous réjouir, puisque nous restons éprouvés et pêcheurs, et qu’il nous faut encore mourir ? »

C’est bel et bien à nous, frères et sœurs, baptisés dans la mort et la résurrection du Christ d’affirmer non seulement en paroles mais par toute notre vie que la Pâque du Seigneur est désormais à l’œuvre dans le monde. Jésus est passé, victorieux, à travers les mailles de la mort. Et il a lavé, dans sa grande miséricorde, les fautes des hommes. Il veut nous entraîner à sa suite, il est devenu la porte des brebis. Il nous faut donc passer par lui, passer avec lui, de la mort à la vie.

Au jour le jour, il nous faut faire nos petites Pâques. Passer de la ténèbre du péché à la lumière du pardon, de la tristesse du monde à la joie venue de Dieu, de la violence de nos guerres à la paix des gestes réconciliateurs, de l’indifférence à la charité, du doute à la confiance, du désespoir à la bienheureuse espérance qui dynamise notre marche.

Ainsi pouvons-nous aller, frères et sœurs, à la suite des saintes femmes du matin de Pâques et de tous les disciples du Seigneur, témoins de sa victoire sur la mort, de petites pâques en petites pâques, vers notre grande pâque ; de petites résurrections en petites résurrections, déjà, vers le pas ultime de notre propre résurrection. Vers ce jour où nous pourrons enfin, comme Jésus retournant à Dieu après avoir aimé les siens qui étaient en ce monde, tomber dans les bras du Père. De son Père et notre Père, de son Dieu et notre Dieu.

« Christ est ressuscité, Alléluia ! Il est vraiment ressuscité, Alléluia ! »