* Défunts 2017 – Homélie

 Homélie du 2 novembre 2017

Ste Catherine – Briançon

Jour de prière pour tous les défunts

1 Cor 15, 12.16-20  /  Ps 4  /  Luc 24, 13-35

 

C’est au nom du Christ que nous sommes rassemblés ce soir, en cette prière où nous faisons mémoire de toutes celles et ceux dont l’absence demeure une blessure.

C’est au nom du Christ, même si peut-être pour un certain nombre d’entre vous, c’est justement cette mémoire vive et douloureuse d’un père, d’une mère, d’un frère, d’une sœur, d’un enfant, d’un conjoint, d’un ami, d’un parent, qui vous a enjoint de rejoindre ce moment de recueillement. Que nous puissions trouver ensemble un chemin d’Espérance et de consolation.

 

Pourquoi au nom du Christ ? Parce qu’il est celui qui nous permet de poser une parole concrète sur la volonté de Dieu quant au devenir des êtres mortels que nous sommes.

 

Nous pressentons tous – même s’il nous semble que notre foi est fragile et ténue – beaucoup pressentent en tout cas que la vie humaine a quelque chose de particulier, susceptible d’échapper à l’oubli, cette deuxième mort dont nous craignons qu’elle nous enterre encore plus sûrement que la première.

Au cœur de ce « quelque chose » il y a la vérité, la profondeur de ces liens tissés pendant des années ; des liens qui ont été d’affection, de tendresse, d’amitié ; des liens qui ont été quelquefois violentés, et qui alors, nous apparaissent en négatif comme encore plus fondamentaux.

Ces liens mutuels essentiels qui constituent l’être humain et font de lui un être de relation, un être de religion, un être religieux pourrait on dire.

 

Faisant l’expérience de la mort de leur Maitre – Celui qui avait éveillé en eux un sentiment divin que seul l’Amour véritable peut susciter – faisant l’expérience de la mort de Jésus, les disciples sont abattus comme on peut l’être par cet inéluctable événement du deuil.

Mais chemin faisant, voici qu’il leur est donné de percevoir que la relation n’est pas coupée : une autre forme de présence de Celui qu’ils aimaient se manifeste à leur cœur, à leur entendement, devant leurs yeux.

Le Christ ressuscité se fait reconnaître comme le compagnon fidèle du chemin de ces hommes de ces femmes que nous sommes, humblement conscients de notre petitesse, de notre fragilité devant l’existence.

 

Au cœur de notre foi il y a cette expérience de la Résurrection dont les premiers disciples nous ont transmis la folle espérance par leurs témoignages, et la soudaine fulgurance d’un changement dans leurs vies.

 

Aujourd’hui encore, le Ressuscité vient nous rencontrer. Nous ne le reconnaîtrons peut-être pas aujourd’hui dans cette église ? Mais Saint-Paul tout à l’heure dans sa lettre, nous invitait à la cohérence quant à notre démarche de ce jour : « Si le Christ n’est pas ressuscité… », nous pouvons rentrer chez nous :

…On éteint les lumières, on ferme la porte,… on repart dans la nuit et le froid…

 

Frères et sœurs, au devant de notre tristesse qui survient lorsque quelqu’un nous quitte, au devant des bouleversements que la mort peut provoquer dans nos vies, vient Celui qui nous invite à lui faire confiance : y a-t-il un ami capable de donner sa vie comme l’a fait le Christ ? Y a-t-il un ami capable de cet amour gratuit, désintéressé, dont il a témoigné si lumineusement ? Y a-t-il un ami si proche, si humble, capable d’ouvrir nos cœurs à la confiance envers Celui qu’il nomme son Père et notre Père, son Dieu et notre Dieu ?

 

Il n’y a rien à prouver, il n’y a rien à démontrer « scientifiquement » de cette Espérance en la résurrection, en la vie éternelle, en cette communion bienheureuse au-delà de cette mort qui vient ponctuer chacune de nos vies.

Il n’y a que la profondeur et la vérité de ces liens d’amour dont nous ne pouvons nous résoudre à concevoir le terme.

Il n’y a que cette source d’un Amour premier que le Christ ne cesse de révéler à nos cœurs.

Et au fil de cette source, nous pouvons venir nous désaltérer et puiser cette consolation profonde, cette certitude que Dieu nous désire vivant, et vivant tous ensemble pour une éternité de bonheur.

 

Accueillir dans la profondeur de notre âme, dans l’intelligence de notre cœur Jésus ressuscité, c’est ouvrir en grand la porte de notre être à une consolation suprême ; la mort n’a pas le dernier mot : l’Amour de Dieu a vaincu la mort, la tristesse, la désespérance, et cette solitude dans laquelle voudrait nous enfermer la mort !

 

JM Bardet