*Assomption 2017

Assomption de Marie –  2017 – Briançon

À Jésus la Résurrection, à Marie l’Assomption !

Résurrection et Assomption, l’illustration d’un même mystère, celui de l’Amour de Dieu victorieux de la mort et du mal, que nous célébrons en même temps aujourd’hui, tous ensembles.

Malgré la lecture de l’Apocalypse, ce n’est pas d’astrologie que je voudrais aujourd’hui vous parler, même si le soleil et la lune vont guider mes propos.

Je voudrais vous partager quelques paroles d’un chansonnier du XXème siècle que chacun connait fort bien : ainsi a-t-il repris un jour comme image « le soleil et la lune » ; et il chantait bien volontiers le rendez-vous entre le soleil et la lune…

Mais voilà qu’un peu plus loin, il continue ainsi : La Lune est là, le Soleil n’y est pas… Dois-je alors continuer cette illustration fantaisiste ?

Nous ne pouvons guère affirmer que Jésus n’était pas au rendez-vous avec celle qui est entièrement lumineuse de ce Soleil de vie éternelle : pas seulement reflet, comme le ferait un miroir ; mais de tout son être, imprégné et diffusif de la Résurrection, Marie n’a jamais manqué ce rendez-vous ! Elle met en œuvre cette Résurrection que nous offre notre Dieu, Père Fils et Saint-Esprit.

La Lune est là ; mais…le Soleil y est-il ?

Dans la dévotion populaire mariale catholique – que nos frères protestants ne nous envient guère – il y a parfois comme une « sur-présence » de la Lune, semblant quelquefois éclipser le Soleil.

Cette dévotion est belle, sincère : elle consacre finalement l’œuvre de Dieu : Il a réussi sa promesse, ce pari insensé de donner à l’être humain cette perfection d’amour et de consolation qu’est la Résurrection. Marie en est « La » témoin par excellence ; et je crois que cette dévotion enthousiaste est vraiment le signe de cette reconnaissance.

Cependant le poète continue : la Lune est là… mais le Soleil ne la voit pas… pour la trouver il faut la nuit.

Lorsqu’on sait combien Marie relève, soutient, réconforte tant et tant de personnes, de nuit, lorsque le cœur de l’homme est plongé dans la détresse, la tristesse, la désespérance : oui c’est de nuit que Marie brille au plus profond des cœurs ; parce qu’il semble au fidèle douloureux qu’il n’est pas digne de s’exposer directement au Soleil de la Miséricorde, alors il trouve près de Marie, douce lumière, celle qui monnaye aux yeux de son cœur ce pardon, cette Miséricorde, au rythme de ce que le regard peut soutenir progressivement.

On se souviendra comment Marie a su conduire tant de personnes vers le Christ. On se souvient de sa pédagogie maternelle et bienveillante qui fait découvrir petit à petit le vrai visage de Dieu. Et nous nous souviendrons, sur cette terre Haute Alpine comment Notre-Dame-du-Laus aura éduqué la bergère Benoîte et l’aura conduite à devenir une missionnaire de la miséricorde du Père.

Ce sanctuaire de Notre-Dame du Laus peut-être ne le connaissez-vous pas encore : il vous sera donné de le découvrir pendant l’année 2018, lors du tricentenaire de la naissance au ciel de cette bergère Benoîte.

Enfin, le chansonnier conclut : le Soleil a rendez-vous avec la Lune mais la Lune n’est pas là, et le Soleil l’attend…

 Puisque Marie nous est semblable en notre humanité, nous sommes nous aussi un peu… dans la Lune. Plus précisément, nous sommes de ces astres similaires qui attendent de resplendir pleinement du Soleil de Dieu.

Et bien souvent, avouons-le, le Soleil nous attend ; plus exactement il nous espère, nous ayant déjà donné cette étincelle d’immortalité par la mort et la résurrection du Fils. Nous sommes ensemencés de résurrection, tout comme Marie, à l’exception de notre propension au péché qui retarde l’avènement de notre Assomption, la compromettant même quelquefois.

Mais le Soleil de justice et de paix ne cesse de luire, de nous donner en partage les rayons de sa lumière salvatrice.

En contemplant Marie, nous ne saurions désespérer : Etoile du matin, Refuge des pécheurs, sa Présence et sa prière nous attirent et nous conduisent à vivre cette merveilleuse rencontre où la Lune, les étoiles et le Soleil… ne joueront plus à cache-cache !

JM Bardet, Curé