Sous la houlette de Jésus

Sauver une étoile de mer

Un enfant marchait lentement sur la plage, au bord de la mer, les pieds dans l’eau, là où les vagues viennent mourir.

Il se baissait parfois, ramassait quelque chose, une poignée de sable peut-être et la jetait loin dans l’eau. Quelques pas plus loin, il recommençait le même geste.

Un adulte qui se trouvait sur la plage le regardait venir à lui.Quand il fut à portée de voix, il demanda à l’enfant ce qu’il faisait.

« Je ramasse les étoiles de mer et je les rejette dans la mer. Les vagues les ont amenées, elles restent là sur le sable et elles peuvent mourir au soleil. ,Alors, il faut les remettre dans l’eau! »

L’adulte sourit :

«Il y a beaucoup d’étoiles de mer sur cette plage et il y en a autant sur la plage à coté, et autant plus loin. Alors pourquoi sauves-tu les étoiles ici et pas plus loin ? Les étoiles de mer meurent sur les plages depuis toujours,et il y en aura d’autres qui mourront demain. Tu n’y peux rien ! »

L’enfant ramasse une étoile, il la regarde, puis il sourit à l’adulte :

« Bien sûr, je ne peux pas tout faire, mais si je lance cette étoile dans les vagues, pour elle, c’est important ! »

Comment naquit le diable

Il y a bien longtemps, si longtemps que même le livre de la Genèse n’en a pas conservé la date, Dieu eut l’idée de créer le monde. Peut-être s’ennuyait-il tout seul dans l’infini d’un ciel toujours bleu ?

Un matin donc, il rassemble ses outils et commence le travail.

Tout va mal.

On a beau être Dieu, fabriquer le soleil, la lune, les étoiles, la terre et ses habitants, ceux qui marchent, qui volent, qui nagent, ce n’est pas évident, il faut apprendre.

La Fontaine aurait dit :

« Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage, polissez-le sans cesse et le repolissez… ».

Bref il faut admettre ses erreurs et recommencer encore.

Dieu s’applique, il essaie une ère ou deux, il n’arrive pas à faire ce chef d’oeuvre dont il rêve, alors il se désespère, il jette ses outils. Ceux-ci tombent, tombent, tournoyant dans l’infini d’un ciel toujours bleu.

En tournoyant sans fin, deux outils, le marteau et la faucille je crois, finissent par s’entrechoquer dans une grande gerbe d’étincelles et un fracas métallique.

De ce chaos surgit tout vif le diable.

Ma grand-mère ajoutait : le vague à l’âme, le désespoir et la lassitude nous font créer des démons. Alors, ne te décourage jamais !

D’ailleurs Dieu a recommencé, et il a réussi.