Divers

La copie

Au moyen-âge, avant l’invention de l’imprimerie par Gutenberg, les monastères souvent faisaient œuvre de copistes. Dans le scriptorium, les moines recopiaient à la main les textes en particulier pour diffuser l’enseignement religieux.

Dans un de ces ateliers œuvrait un moine, jeune, d’une grande valeur spirituelle et plus attiré vers la contemplation que vers cette tâche qui lui semblait fastidieuse.

Un jour qu’il remettait une copie d’ouvrage au bibliothécaire, celui-ci s’aperçut que par distraction ou par rêverie, le copiste avait oublié des paragraphes ou sauté des lignes.

Il en fit la remarque au moine qui lui répondit :

« Que les gens agissent d’abord selon ce qui est écrit. Ils pourront alors revenir et je copierai ce qui manque ! »


 

Des fleurs avant le pain.
Connaissez-vous cette devise ?

C’est la devise des Petits Frères des Pauvres, association fondée en 1946 par Armand Marquiset.
Avait-il lu Confucius ? Il y aurait trouvé cet apophtegme…

Un jour, un disciple qui suivait Confucius lui fit timidement part de son étonnement :
« Maître, vous achetez du riz et des fleurs. Pourquoi ? »
Confucius sourit et répondit :
« J’achète du riz pour me nourrir, et donc pour vivre.
J’achète les fleurs pour avoir envie de vivre ! »

Devant les murs de la cité, un soir d’hiver.

Un homme qui avait beaucoup souffert

Cria, désespéré : » Quel but poursuit la vie ? « 

Et clairement, l’Écho lui répond : » La vie ! »

(Frans de Wilde)

 

Le savant et le batelier

 

Ce savant lettré connaissait parfaitement l’art du dialogue, de la périphrase, de la métalepse, du chiasme et de la sinecdoque, bref maîtrisait parfaitement l’art du discours persuasif à l’élite communicante. (Mon histoire se passe il y a longtemps, ne voir aucune référence aux mœurs actuelles).

Il advint que ce docte personnage dût embarquer un jour pour s’en aller prodiguer ses conseils dans une conférence grassement payée (Mon histoire, se passe etc…..). Il ne trouva qu’une vieille barque décrépite maniée par un marinier solide, rustre et un peu sauvage.

Après avoir assisté, émerveillé, aux diverses manœuvres pour hisser la voile, sortir du port, que sais-je encore, le savant s’adresse au marin :

«Mon cher ami, je suis heureux d’échanger avec un homme du peuple. Car échanger, c’est communiquer, transmettre à autrui par la parole un signifiant qui fait sens et s’adapte à la conceptualisation de son interlocuteur. Vous me suivez ?»

Le batelier reste coi.

«Bien sûr, toute vie a deux aspects, l’un d’activité du corps et je vous félicite de la vôtre, l’autre de réflexion et de communication du cerveau, mais cela vous échappe. Donc, vous ne vivez qu’à moitié, c’est évident !»

Chacun retourne à ses occupations, étude d’un coté, manœuvres de l’autre.

Mais le temps se gâte, le vent se lève, les vagues grossissent et le bateau est drossé sur un récif sur lequel il se fracasse.

Le marinier interpelle le savant :

«Monsieur, savez-vous nager ?»

«Nager ? Quand aurais-je trouvé le temps pour apprendre.»

«Alors, monsieur, vous risquez de perdre au moins la moitié de votre vie.»

 

La prière du sultan

Le sultan aimait se mêler à son peuple pour la prière du vendredi. Pas question pour lui d’aller à la mosquée, il voulait prier dans la rue.

Ce jour-là, une femme parcourt la rue dans tous les sens, elle regarde partout, elle cherche son enfant qui lui a échappé. Elle l’appelle et s’agitant ainsi, elle bouscule le sultan. Les gardes empoignent la femme, la traînent à l’écart. La femme comprend son erreur, elle a dérangé le sultan, elle a honte, elle a peur.

Mais on lui ramène son enfant, elle se calme et décide de s’excuser auprès du sultan.

Le sultan est courroucé :

«  Comment, femme, tu bouscules le sultan, celui qui règne sur ce pays et tu ne dis rien ? J’étais en train de louer Dieu, comme tout croyant doit le faire sans se laisser distraire ! »

« Pardon, Votre Grandeur, mais je cherchais mon enfant et j’avais tellement de souci que je ne vous ai pas vu. Votre Grandeur d’ailleurs n’a pas pu me remarquer, elle était toute entière dans sa prière de louange ! »

Le sultan médite, puis sourit « Femme, que le Très-Haut te bénisse pour cette leçon ! »