QUELLES SONT LES ATTENTES DES JEUNES VIS A VIS DE L’EGLISE LA CROIX

L’Église de France a rendu publique, hier, la synthèse des consultations qu’elle a menées dans tous les diocèses en vue du Synode sur les jeunes d’octobre 2018 à Rome.

En vue de cet événement convoqué par le pape François à Rome, en octobre 2018, des jeunes, croyants ou non, ont été consultés dans les diocèses de France et par divers mouvements. En tout, 115 réponses sont parvenues à la Conférence des évêques de France, dont celles de 72 diocèses. Ce document d’une trentaine de pages résume le message que l’Église a reçu de la part des jeunes.

Quelle Église dans le monde d’aujourd’hui ?

Pas facile, disent les intéressés, d’être chrétiens aujourd’hui.

« Pour les jeunes croyants, construire et affermir sa foi chrétienne dans un monde pluriculturel et plurireligieux reste un grand défi »,

constate la synthèse. L’époque présente à leurs yeux de nombreux défis, au premier rang desquels l’écologie, la pauvreté et la paix. En revanche, le sujet de l’interreligieux, et en particulier de l’islam, « est relativement peu relaté dans les contributions ».

Dans ce contexte, qu’attendent les jeunes de l’Église ?

Rien, répond la synthèse, dans la grande majorité, dès lors qu’ils ne sont pas croyants. Le texte indique d’ailleurs, quelques pages plus tard, que « dans la réalité, beaucoup d’acteurs/lieux pastoraux ont du mal à vraiment rejoindre et rencontrer les jeunes dont l’Église est loin ».

D’autres attendent toutefois que l’Église porte « un message d’espérance ». Quant aux jeunes plus impliqués, ils expriment des attentes variées, mais ont en commun une exigence : celle d’une Église « exemplaire », « cohérente » et « irréprochable ». Difficile de ne pas voir, derrière ces adjectifs, comme un rappel à l’ordre après les différents scandales de pédophilie ayant entaché l’image de l’Église ces dernières années.

« Vocation », le grand malentendu ?

En parlant de « discernement vocationnel » dans l’intitulé du thème du Synode, l’Église voulait poser la question de la vocation au sens large, celui du sens donné à la vie de chacun. Cette subtilité de langage a manqué son objectif auprès d’un public pour lequel « vocation » n’évoque rien d’autre que la vie religieuse. « Le mot vocation est dans les réponses souvent réduit à sa seule dimension d’appel au ministère de prêtre ou à la vie consacrée », reconnaît ainsi la synthèse. De fait, il n’y est pas question de vie familiale, affective ou sexuelle, pas plus que de leur vie professionnelle.

Et pour ce qui est de la vocation religieuse, elle suscite « une certaine méfiance » dans les familles, qui vont « jusqu’à redouter cette vie pour leur enfant », même lorsqu’elles sont pratiquantes. Le mot est même, dit la synthèse, « parfois synonyme d’enfermement, de recrutement ou d’embrigadement », et la vie des prêtres pâtit d’une image « dégradée chez certains et sublimée pour d’autres ».

Le défi du dialogue intergénérationnel

Les relations entre les générations sont parfois compliquées dans l’Église. Parmi les raisons de ces difficultés, la synthèse mentionne « décalage technologique, regard parfois désabusé des anciens s’opposant au désir des jeunes d’aller de l’avant et de s’insérer, difficulté pour les aînés de leur laisser la place ». Les prêtres eux-mêmes n’échappent pas au décalage générationnel : selon le texte, la trop grande différence d’âge fait partie des raisons pour lesquelles certains pasteurs ne font pas d’accompagnement spirituel personnel de jeunes.

La question des nouvelles technologies et de la connexion n’est pas le moindre de ces obstacles. Alors que ce changement culturel « fait vraiment partie du quotidien des jeunes », peut-on lire, « les parents et certains accompagnateurs, ne comprennent pas ce monde et en ont très peur ». Et pourtant, les jeunes interrogés par les diocèses manifestent une prise de recul avec l’univers numérique qui déjoue les clichés : « Les jeunes eux-mêmes perçoivent l’hyperconnexion comme porteuse d’opportu­nités, mais craignent une accélération et une déconnexion de l’instant présent. »

Les initiatives qui marchent

Les auteurs de la synthèse ont fait le choix de signaler à Rome trois exemples d’initiatives et activités en lien avec la foi plébiscitée par les jeunes.

En premier lieu, les pèlerinages à Taizé : le succès de la communauté œcuménique de Bourgogne, fondée en 1940, ne se dément pas et reste un lieu « particulièrement marquant » dans le parcours spirituel des jeunes.

Deuxième élément, les « années pour Dieu », qui reçoivent environ 200 jeunes par an. Ces expériences de vie en communauté, sorte d’années sabbatiques spirituelles, marquent profondément ceux qui y participent. Elles sont d’ailleurs en plein essor : sur les 21 lieux existants, 4 ont vu le jour entre 2014 et 2017.

Enfin, plus récente, l’expérience des « bars cathos », lieux de vie permettant de se retrouver mais aussi de toucher un public plus éloigné de l’Église, plaît aux jeunes croyants. En l’occurrence, la synthèse a retenu l’exemple du Comptoir de Cana à Lille, mais on pense aussi au café Le Simone, à Lyon, ou au Dorothy, qui doit ouvrir prochainement à Paris. À ces trois expériences concrètes, on peut ajouter le succès inoxydable du scoutisme, mentionné dans toutes les contributions.

Gauthier Vaillant
Newsletter

Ce contenu a été publié dans Uncategorized. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à QUELLES SONT LES ATTENTES DES JEUNES VIS A VIS DE L’EGLISE LA CROIX

  1. Thomas dit :

    jésus disait ce qui s’exprime c’est ce qui déborde du coeur

    0

Les commentaires sont fermés.