Paix , immigration, le discours du pape à la FAO

La Croix

-Rappelant que migrations et urgences alimentaires sont intimement liées, François a exhorté hier les responsables internationaux às’attaquer , aux causes de la faim: ~conflits et les changements climatiques.

Non seulement combattre la faim dans le monde, mais aussi s’attaquer à ses causes profondes.

Telle était la substance du long discours que le pape François a adressé hier à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qu’il était venu rencontrer à son siège de Rome.

Et d’entrée, le pape a posé un geste symbolique: alors que la Journée mondiale de l’alimentation, célébrée ce même jour, portait sur la question des migrations, François a inauguré dans le hall de la FAO une statue en marbre du petit Aylan, réfugié syrien retrouvé mort en 2015 sur une plage turque. « Il n’estpas acceptable que, pour éviter de s’engager, on se retranche derrière des sophismes linguistiques qui ne font pas honneur à la diplomatie, la réduisant de « l’art du possible » à un exercice stérile pour justifier les égoïsmes et l’inactivité», a dénoncé le pape dans son discours.

« Comment arrêter les gens prêts à tout risquer, des générations entières qui peuvent disparaître parce qu’elles manquent de pain quotidien ou sont victimes de violence ou de changement climatique », a-t-il interrogé lès participants à la rencontre de la FAO, dont, au premier rang, juste devant lui, les ministres de l’agriculture du G7.

« Ils se déplacent vers là où ils voient une lumière ou perçoivent une espérance de· vie. Ils ne peuvent pas être arrêtés par des barrières physiques, économiques, législatives, idéologiques », a-t-il prévenu.

Mais, dans ce texte en espagnol, signe qu’il l’avait longuement et personnellement travaillé, François s’est surtout attaché aux causes de la faim qui poussent des populations entières à émigrer. Et, en premier lieu, les conflits et les changements climatiques. Pour répondre aux conflits, le pape a exhorté à l’application du droit international« qui nous indique les moyens de les prévenir et de les résoudre rapidement, évitant que se prolongent et se produisent les carences et la destruction du lien social».

Il a aussi plaidé pour le désarmement et la lutte contre le trafic d’armes.

<< Pour certains, il suffirait de diminuer le nombre de bouches , . . a nourrir, mats c’est une fausse solution si on prend en compte la déperdition de nourriture et les modèles de consommation qui gaspillent tant de ressources. »

Face aux changements climatiques, il a exhorté à un engagement concret et à « un changement de stylede vie ». plaidant en faveur de l’accord de Paris sur le climat, « dont, malheureusement, certains se sont éloignés», a-t-il regretté, sans citer nommément les États-Unis … «

« Serait-ce exagéré de parler d’amour? »

« Serait-ce exagéré d’introduire dans la langue de la coopéra internationale la catégorie de l’amour, conjugué à la gratuité l’égalité de traitement, la solidarité, la culture du don, la fraternité, la miséricorde?

Ces mots expriment effecttvem le contenu pratique du terme humanitaire, si utilisé dans l’activité Internatlonale.t •.• )

Aimer signifie aider chaque pays à augmenter la production atteindre l’autosuffisance alimentaire.

Aimer se traduit par une réflexion sur les nouveaux modes de développement et I consommation et l’adoption de politiques qui n’aggravent pas la situation des populations les moins avancées ou leur dépense extérieure.

Aimer signifie ne pas continuer à diviser la famille humaine entre ceux qui profitent du superflu et ceux qui manquent du nécessaire. »

Extrait du discours du pape François, hier à Rome, devant la FAO l.

Soulignant que « réduire est facile » mais que« partager, en revanche, implique une conversion, et cela est exigeant »,-le pape a alors suggéré d’introduire la notion d’«amour» dans les relations internationales.

«Aimer lesfrères, prendre l’initiative, sans attendre de réciprocité, est le principe évangélique qui s’exprime également dans de nombreuses cultures et religions, seconvertissant en principe d’humanité dans la langue des relations internationales», a-t-il expliqué, précisant que « nous ne pouvons pas agir seulement si les autres lefont, ni nous limiter à la pitié, parce que la pitié se limite à l’aide d’urgence»

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