ŒCUMÉNISME

Prière pour l’Unité chrétienne – 2017 – Briançon

2 Cor. 5, 14-20  /  Luc 15, 11-32

Grand Corps Malade…

Grand Corps Malade, ce n’est pas seulement le nom d’un rappeur de notre époque s’exprimant d’ailleurs avec une poésie plutôt bien balancée.

Corps Malade, selon une terminologie Paulinienne, c’est aussi la description de ce Corps du Christ, disloqué par ces divisions qui nous font aujourd’hui nous réunir dans la prière.

Corps Malade, cette réalité physiologique que nous éprouvons dans notre chair, que ce soit de façon durable et douloureuse, ou plus légèrement lorsque les bobos de l’hiver nous saisissent les uns après les autres.

Et l’inclination du Corps Malade est bien de se recroqueviller, de se replier sur lui-même, sauf exception quand la Grâce divine transcende la nature humaine.

« Le Christ est mort pour tous afin que les vivants n’aient plus leurs vies centrées sur eux même, mais sur lui qui est mort et ressuscité pour eux. »

Ainsi donc l’œuvre du Christ est bien de décentrer l’homme de lui-même afin qu’il s’oriente finalement à nouveau vers l’Autre, celui qu’il nommera son Père.

Regardons cet évangile et ces deux frères.

Ils auraient pu être bien plus nombreux d’ailleurs, ce qui nous aurait donné à entendre encore davantage la dispersion des chrétiens comme autant de frères et sœurs qui s’éloignent de la Source. Mais ils sont deux, donnant surtout à reconnaître les deux axes de se repli sur soi que tout un chacun nous connaissons.

L’un revendiquait son autonomie, sa liberté, s’affranchissant des contraintes d’une vie commune nécessairement pesante et complexe, revendiquant l’héritage certes promis, mais le laissant s’évanouir parce que parti bien seul.

L’autre se justifiant de sa fidélité à la maison commune, mais en tirant pour lui cet orgueil comme on tire à soi une couverture pour mieux se réconforter dans une chaleur qui ne se partage guère…

Au milieu de ces deux  frères, le Père, pleurant de n’être pas aimé, souffrant de leur éloignement de cet essentiel qu’est l’amour fraternel entre deux fils. Vague réminiscence d’un péché dit originel, à défaut d’être original…

Sans doute est-ce maintenant que nous pourrions parler du Fils par excellence, celui qui su porter le poids de l’histoire de la maison commune et en même temps, vivre la folle liberté de l’héritage promis, non pas à son propre usage mais en l’offrant en partage à toute l’humanité.

Le Christ n’a pu vivre que par cet Amour du Père, mal aimé des hommes. Le Christ n’a eu comme horizon que cet Amour du Père, un Père qui lui, ne se regardait pas, mais souffrait seulement que cet Amour ne soit pas aimé.

Aussi, ces phrases de Paul, nous rappelant la mort et la Vie du Christ pour nous décentrer de nous-mêmes ; et cette splendide mission qui est notre héritage à présent : « il nous a réconcilié avec Lui par le Christ et il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation. »

« Aujourd’hui on n’est plus à une époque où l’on construit des murs entre les nations… » Hassan Rohani – président iranien – en réponse aux dernières décisions du président américain…

Des murs, l’homme en édifie si souvent. Ils sont en général solution de facilité. On les espère infranchissables pour ne pas être envahi. On les construit assez opaques pour ne pas voir le monde derrière…

Ce ministère de réconciliation est bien un ministère de constructeur : et de ré-évoquer la très à la mode phrase du pape François nous invitant « plus que jamais à construire des ponts, et à abattre les murs ».

Notre rencontre de prière aussi modeste soit-elle sera de cet ordre si nous nous rappelons mutuellement et humblement qui est le constructeur de cet édifice, quel en est son liant, et vers qui s’ouvre ce pont.

Nous rendons grâce pour cette Pierre angulaire qui  se dresse avec la croix au milieu de nous ; nous nous en remettons au souffle de l’Esprit-Saint pour qu’il nous éclaire, nous unisse et nous conduise ; et nous avançons vers cette humanité réconciliée chaque fois que nous nous abandonnons dans l’amour du Père.

Ainsi seulement, nous saurons tous ensemble grandir dans la force de ce témoignage que le monde attend.

  • « Seigneur Jésus, qui as prié pour que tous soient un,
    nous te prions pour l’unité des chrétiens,
    telle que tu la veux, par les moyens que tu veux.
    Que ton Esprit nous donne d’éprouver la souffrance de la séparation,
    de voir notre péché, et d’espérer au-delà de toute espérance. Amen »

JM Bardet

Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2017

Dimanche 29 janvier: 17h30-19h à l’église Ste Catherine

Célébration œcuménique avec nos frères des églises protestante, évangélique, orthodoxe.

« Seigneur Jésus, qui à la veille de mourir pour nous, as prié pour que tous tes disciples soient parfaitement un, comme toi en ton Père, et ton Père en toi, Fais-nous ressentir douloureusement l’infidélité de notre désunion.

Donne-nous la loyauté de reconnaître et le courage de rejeter ce qui se cache en nous d’indifférence, de méfiance, et même d’hostilité mutuelle.

Accorde-nous de nous rencontrer tous en toi, afin que, de nos âmes et de nos lèvres, monte incessamment ta prière pour l’unité des chrétiens, telle que tu la veux, par les moyens que tu veux. En toi, qui es la charité parfaite, fais-nous trouver la voie qui conduit à l’unité, dans l’obéissance à ton amour et à ta vérité. »

 

 Communiqué du Conseil d’Églises chrétiennes en France

« L’Amour du Christ nous presse » (2 Co 5,14). Au temps de Paul, comme il y a 500 ans au temps de la Réformation, comme aujourd’hui, cet extrait de la Deuxième Épitre aux Corinthiens, choisi par le Conseil d’Églises en Allemagne pour la Semaine de prière pour l’unité chrétienne 2017, est une incitation à se laisser saisir par le Christ.

Au moment où nous nous souvenons de Martin Luther dont « la pensée […], sa spiritualité toute entière était complètement centrée sur le Christ » (Benoit XVI à Erfurt), nous essayons de reconnaitre aussi le contre témoignage que produisent nos divisions et d’œuvrer ensemble à l’annonce de la Bonne nouvelle.

C’est au service de nos frères les plus souffrants que nous devons agir ensemble et encourager ceux qui le font déjà. Ainsi, dans le Proche-Orient déchiré par la guerre, le Conseil des Églises du Moyen-Orient [The Middle East Council of Churches : MECC] réunit la plupart des confessions chrétiennes de la région et soutient les chrétiens et d’autres exilés dans leurs propres terres, dans les drames qu’ils traversent.

Le CÉCEF recommande que les offrandes des célébrations œcuméniques encouragent le Conseil des Églises au Moyen Orient et ses actions en partenariat avec l’Alliance ACT [1] en faveur des victimes des guerres et persécutions. Avec les offrandes des célébrations œcuméniques en France, le MECC propose d’identifier et d’aider en particulier les familles les plus démunies déplacées par la guerre, au Liban, en Jordanie et en Syrie.

Les responsables d’Églises chrétiennes en France vous invitent à prier pour la paix au Proche Orient, pour l’unité des Églises encore présentes sur cette terre où est né le christianisme et où il tend à disparaitre, et pour tous les hommes de bonne volonté qui ont à cœur de continuer à y vivre ensemble en rebâtissant la paix.

En définitive, nous sommes appelés à manifester notre solidarité envers les martyrs et les témoins du Christ du XXIe siècle, qui continuent d’espérer contre toute espérance. Leurs vies proclament la Bonne Nouvelle du Christ qui a englouti la mort. Nous sommes également appelés à être à notre tour des témoins centrés sur le Christ, ses ouvriers de paix et de justice, dans les villes, villages et cités de notre pays.

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