les compagnons du devoir la croix

Le compagnonnage est né d’une contestation du monopole des corporations, à la fin du Moyen-Âge, au moment de la construction des cathédrales. C’est une sorte de chevalerie du travail avec ses codes d’honneur, ses rites, ses symboles, ses cérémonies : elle propose d’apprendre un métier d’une manière originale, dans le cadre d’une vie restée communautaire : après une formation initiale (CAP, etc.), ceux qui veulent atteindre l’excellence et devenir compagnons à leur tour, se perfectionnent en voyageant de ville en ville pour y travailler, toujours en vivant au sein d’une communauté fraternelle. Ce système a connu son apogée au début du XIXe siècle. Mis à mal par la révolution industrielle – il ne s’agit plus, alors, de penser le métier ou de transmettre des tours de main –, le compagnonnage a cependant su rester jusqu’à aujourd’hui un système efficace de transmission des savoir-faire et des savoir-être. Il a été classé en 2010 par l’Unesco sur la liste du patrimoine culturel immatériel à protéger. En France, plusieurs mouvements en sont les héritiers, notamment l’Association ouvrière des compagnons du devoir et du tour de France. Alors qu’il avait rencontré par hasard certains de ses compagnons, le photographe Thierry Caron s’est passionné pour leur manière « originale » de former des jeunes, de transmettre des savoir-faire et bien sûr, pour le fameux tour de France qu’accomplissent ceux qui veulent devenir compagnons. « Ce que je retiens, dit-il, c’est le souci de l’excellence, l’exigence, la qualité de la transmission et le respect. » Ses images ont aussi le mérite, rare, de valoriser le travail manuel.

Photos Thierry Caron, Les pieds dans la France,www.lpdlf.frTexte Paula Boyer

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