Le synode et les divorcés

Pape François

Il est important de faire en sorte que les personnes divorcées engagées dans une nouvelle union sentent qu’elles font partie de l’Eglise, qu’elles ne sont pas excommuniées et qu’elles ne sont pas traitées comme telles car elles sont incluses dans la communion ecclésiale.

Ces situations exigent  aussi que ces divorcés remariés bénéficient d’un discernement attentif et qu’ils soient accompagnés avec beaucoup de respect  en évitant de faire peser sur eux un sentiment de discrimination il faut encourager leur participation à la vie de la communauté. Prendre soin d’eux ne signifie pas pour la communauté chrétienne un affai­blissement de sa foi et de son té­moignage sur l’indissolubilité du mariage, c’est plutôt précisément m cela que s’exprime sa charité » 262). (…)

  • L’Église, même si elle comprend les situations conflictuelles que doivent traverser les couples, ne peut cesser être la voix des plus fragiles, qui sont les enfants qui souffrent, bien des fois en silence, aujourd’hui, « malgré notre sensib­ilité en apparence évoluée, et toutes nos analyses psychologiques raffinées, je me demande si nous nous sommes pas aussi anesthésiés par rapport aux blessures de l’âme des enfants. Sentons le poids de la montagne qui écrase l’âme d’un enfant, dans les familles où l’on se traite mal l’on se fait du mal, jusqu’à briser le lien de la fidélité conjugale (269)
  • Ces mauvaises expériences n’aident pas à ce que les enfants mûrissent pour être capables d’engagements définitifs .Par conséquent, les communautés chrétiennes ne doivent laisser seuls, dans leur nouvelle union, les parents divorcés; au contraire, elles doivent les inclure et les accompagner dans  leur responsabilité éducative. Aider à guérir les blessures des parents  et les protéger spirituelle est un bien pour les enfants
    aussi, qui ont besoin du visage familial de l’Église qui les protège dans cette expérience traumati­sante. Le divorce est un mal, et l’augmentation du nombre des divorces est très préoccupante. Voilà pourquoi, sans doute, notre tâche pastorale la plus impor­tante envers les familles est-elle de renforcer l’amour et d’aider à guérir les blessures, en sorte que nous puissions prévenir la pro­gression de ce drame de notre époque. (…)
  • L’Église fait sienne l’attitude du Seigneur Jé­sus qui, dans un amour sans li­mite, s’est offert pour chaque personne sans exception (275). Avec les Père synodaux, j’ai pris en considération la situation des familles qui vivent l’expérience d’avoir en leur sein des personnes manifestant une tendance ho­mosexuelle, une expérience loin d’être facile tant pour les parents que pour les enfants.
  • C’est pour­quoi, nous désirons d’abord et avant tout réaffirmer que chaque personne, indépendamment de sa tendance sexuelle, doit être respectée dans sa dignité et ac­cueillie avec respect, avec le soin d’éviter « toute marque de discri­mination injuste » (276) et parti­culièrement toute forme d’agres­sion et de violence. Il s’agit, au contraire, d’assurer un accom­pagnement respectueux des fa­milles, afin que leurs membres qui manifestent une tendance homosexuelle puissent bénéficier de l’aide nécessaire pour com­prendre et réaliser pleinement la volonté de Dieu dans leur vie (277).
  • Au cours des dé­bats sur la dignité et la mission de la famille, les Pères synodaux ont fait remarquer qu’en ce qui concerne le
  • « projet d’assimiler au mariage les unions entre per­sonnes homosexuelles, il n’y a au­cun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions ho­mosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille ».
  • Il est inacceptable que « les Églises locales subissent des pressions en ce domaine et que les organismes internationaux conditionnent les aides financières aux pays pauvres à l’introduction de lois qui instituent le “mariage” entre des personnes de même sexe ». (…)

— VIII. Accompagner, discerner et intégrer la fragilité

(…) 292. Le mariage chrétien, re­flet de l’union entre le Christ et son Église, se réalise pleinement dans l’union entre un homme et une femme, qui se donnent l’un à l’autre dans un amour exclusif et dans une fidélité libre, s’ap­partiennent jusqu’à la mort et s’ouvrent à la transmission de la vie, consacrés par le sacrement qui leur confère la grâce pour
constituer une Église domestique et le ferment d’une vie nouvelle pour la société. D’autres formes d’union contredisent radicale­ment cet idéal, mais certaines le réalisent.au moins en partie et par analogie. Les Pères syno­daux ont affirmé que l’Église ne cesse de valoriser les éléments constructifs dans ces situations qui ne correspondent pas encore ou qui ne correspondent plus à son enseignement sur le mariage (314).

La gradualité dans la pastorale

Les Pères se sont également penchés sur la situa­tion particulière d’un mariage seulement civil ou même, toute proportion gardée, d’une pure cohabitation où « quand l’union atteint une stabilité consistante à travers un lien public, elle est ca­ractérisée par une affection pro­fonde, confère des responsabilités à l’égard des enfants, donne la ca­pacité de surmonter les épreuves et peut être considérée comme une occasion à accompagner dans le développement menant au sacre­ment du mariage » (315).

D’autre part, il est préoccupant que de nombreux jeunes se méfient au­jourd’hui du mariage et cohabi­tent en reportant indéfiniment l’engagement conjugal, tandis que d’autres mettent un terme à l’engagement pris et en instau­rent immédiatement un nou­veau. Ceux-là « qui font partie de l’Église ont besoin d’une atten­tion pastorale miséricordieuse et encourageante » (316). En ef­fet, non seulement la promotion du mariage chrétien revient aux Pasteurs, mais aussi « le discer­nement pastoral des situations de beaucoup de gens qui ne vivent plus dans cette situation » pour « entrer en dialogue pastoral avec ces personnes afin de mettre en évidence les éléments de leur vie qui peuvent conduire à une plus grande ouverture à l’Évangile du mariage dans sa plénitude » (317). (…)

  • Dans ce sens, saint Jean-Paul II proposait ce qu’on appelle la « loi de gradua­lité », conscient que l’être humain « connaît, aime et accomplit le bien moral en suivant les étapes d’une croissance » (323). Ce n’est pas une « gradualité de la loi », mais une gradualité dans l’ac­complissement prudent des actes libres de la part de sujets qui ne sont dans des conditions ni de comprendre, ni de valoriser ni d’observer pleinement les exi­gences objectives de la loi. En ef­fet, la loi est aussi un don de Dieu qui indique le chemin, un don pour tous sans exception qu’on peut vivre par la force de la grâce, même si chaque être humain « va peu à peu de l’avant grâce à l’in­tégration progressive des dons de Dieu et des exigences de son amour définitif et absolu dans toute la vie personnelle et sociale de l’homme » (324). (…)

Le discernement des situations dites « irrégulières » • Le Synode s’est référé à diverses situations de fragilité ou d’imperfection. À ce sujet, je voudrais rappeler ici quelque chose dont j’ai voulu faire clairement part à toute l’Église pour que nous ne nous
trompions pas de chemin : « Deux logiques parcourent toute l’his­toire de l’Église : exclure et réin­tégrer (…). La route de l’Église, depuis le Concile de Jérusalem, est toujours celle de Jésus : celle de la miséricorde et de l’intégra­tion (…). La route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère. (… Car) la charité véritable est toujours imméritée, inconditionnelle et gratuite ! »

  • . Donc, «il faut éviter des jugements qui ne tiendraient pas compte de la complexité des di­verses situations; il est également nécessaire d’être attentif à la façon dont les personnes vivent et souf­frent à cause de leur condition
  • • Il s’agit d’inté­grer tout le monde, on doit aider chacun à trouver sa propre ma­nière de faire partie de la com­munauté ecclésiale, pour qu’il se sente objet d’une miséricorde « imméritée, inconditionnelle et gratuite ».
  • Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile !
  • Je ne me réfère pas seulement aux divorcés en­gagés dans une nouvelle union, mais à tous, en quelque situation qu’ils se trouvent. Bien entendu, si quelqu’un fait ostentation d’un péché objectif comme si ce péché faisait partie de l’idéal chrétien, ou veut imposer une chose diffé­rente de ce qu’enseigne l’Église, il ne peut prétendre donner des cours de catéchèse ou prêcher, et dans ce sens il y a quelque chose qui le sépare de la communauté (cf. Mtl8,17). Il faut réécouter l’annonce de l’Évangile et l’in­vitation à la conversion. Cepen­dant même pour celui-là, il peut y avoir une manière de partici­per à la vie de la communauté, soit à travers des tâches sociales, des réunions de prière
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