LA GRAVE :première hivernale : 1867 ( selon cruz , alpinisme hivernal 1925)

ALPINISME HIVERNAL


LES PRÉCURSEURS

Le jour de Noël fut fêté à Grindelwald, puis une course facile au Faulhorn termina ces vacances excentriques.

Au retour, les deux Anglais s’arrêtèrent à Berne, et Moore nous raconte que Mr. Krafft, « l’excellent et jovial hôtelier du Bernerhof », salua en eux les précurseurs d’une ère nouvelle et l’avant-garde d’une foule de touristes hivernaux.

 

L’année suivante (1867), Moore ne put résister à la tentation de revoir les Alpes en hiver, mais il préféra à Grindelwald une contrée « où le confort moderne fût moins prodigué, mais où, par contre, la somme des plaisirs familiers à la montagne pût être plus sérieusement éprou­vée».

Il choisit donc la Grave, en Dauphiné, comme quartier général. Aucun ami n’ayant voulu l’accompagner, il s’y rend seul, en décembre, de Saint-Michel par le col des Trois Croix (1651 m.), Valloire et le col du Goléon (2 880 m.). Les deux chasseurs qui l’accompagnaient dans cette tra­versée étaient chaussés de raquettes, mais Moore avait négligé cette précaution et la course lui parut fort pénible.

La Meije était encore vierge de ce temps, et notre Anglais passa bien des heures à l’admirer, scrutant ses flancs dans l’espoir d’y trouver une voie possible pour l’été suivant.

Le 12 décembre, accompagné d’Alexandre Pic et de deux porteurs, il franchit le col de la Lauze(3543 m.), et cela

sans difficultés, grâce à une neige si dure, dit-il, que l’on aurait pu y passer avec un char attelé de quatre chevaux. Pour son guide, ce fut une véritable révélation. Pic était à moitié fou de joie, et il fut facile désormais de le décider à tenter la traversée de la Brèche de la Meije (3 300 m.), qu’il avait déclarée tout à fait impossible le jour précédent.

Cette expédition eut lieu le 14 décembre, et ce fut l’un des porteurs qui conduisit la caravane, en escaladant l’arête rocheuse qui sépare les deux glaciers suspendus sur le versant de la Grave. Son courage et sa grande habileté eurent raison de toutes les difficultés, et, à 2 heures de l’après-midi, le col était gagné.

Toute la population de la Grave, rassemblée sur la route près du village, suivait avec intérêt les progrès des grimpeurs. Une descente rapide dans le vallon des Etançons les conduisit ensuite à la Bérarde, où ils arrivèrent à la nuit noire.

Moore passa cette nuit dans l’étable de Rodier, « avec presque tous les représentants de la race animale domes­tique et avec tous les insectes dont le corps humain peut devenir la proie ». ‘-”

Les deux guides oberlandais qui devaient le rencontrer à Saint-Michel n’étant toujours pas arrivés, il se décida à rentrer en Angleterre, enchanté de ses vacances.

 

 

 

 

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