SYNODE 2015

synode sur la famille ;texte du pape François

 

Articles: Parents et enfants

Articles: Parents et enfants

_ II. La réalité

et les défis de la famille

Le bien de la famille *est déterminant pour l’avenir du monde et de l’Église. Les analyses qui ont été faites sur le mariage et la famille, sur leurs difficultés et sur leurs défis actuels sont in­nombrables. Il convient de prê­ter attention à la réalité concrète, parce que « les exigences, les ap­pels de l’Esprit se font entendre aussi à travers les événements de l’histoire », à travers lesquels « l’Église peut être amenée à une compréhension plus profonde de l’inépuisable mystère du mariage et de la famille » (8). (…)

En tant que chrétiens nous ne pouvons pas renoncer à proposer le mariage pour ne pas contredire la sensibilité actuelle, pour être à la mode, ou par com­plexe d’infériorité devant l’effon­drement moral et humain. Nous priverions le monde des valeurs que nous pouvons et devons ap­porter. Certes, rester dans une dé- nonciation rhétorique des maux actuels, comme si nous pouvions ainsi changer quelque chose, n’a as de sens. Mais il ne sert à rien an plus d’imposer des normes par la force de l’autorité. Nous devons faire un effort plus responsable et généreux, qui consiste présenter les raisons et les motivati­ons d’opter pour le mariage et la famille, de manière à ce que « les personnes soient mieux dis­posées à répondre à la grâce que leur  Dieu leur offre.

  • En même temps, nous devons être humbles et réalistes, pour reconnaître que, parfois, notre anière de présenter les convictions  chrétiennes, et la manière de traiter les personnes ont contribué à provoquer à provoquer ce dont nous nous  plaignons aujourd’hui.

C’est pourquoi il nous faut une salutaire réaction d’autocritique. D’autre part, nous avons souvent présenté le mariage de telle ma­nière que sa fin unitive, l’appel à grandir dans l’amour et l’idéal de soutien mutuel ont été occul­tés par un accent quasi exclu­sif sur le devoir de la procréa­tion.

Nous n’avons pas non plus bien accompagné les nouveaux mariages dans leurs premières années, avec des propositions adaptées à leurs horaires, à leurs langages, à leurs inquiétudes les plus concrètes. D’autres fois, nous avons présenté un idéal théologique du mariage trop abs­trait, presque artificiellement construit, loin de la situation concrète et des possibilités effec­tives des familles réelles. Cette idéalisation excessive, surtout quand nous n’avons pas éveillé la confiance en la grâce, n’a pas rendu le mariage plus désirable et attractif, bien au contraire ! (…) • Personne ne peut pen­ser qu’affaiblir la famille comme société naturelle fondée sur le mariage soit une chose qui favo­rise la société. C’est le contraire qui arrive : cela porte préjudice à la maturation des enfants, à la culture des valeurs communau­taires, et au développement mo­ral des villes et des villages.

On ne se rend plus clairement compte

 

 

 

LE SYNODE AU JOUR LE JOUR

LE SYNODE AU JOUR LE JOUR

Consensuel ? Ou vérita

► Redire le « rôle central » de la famille : « La famille fondée sur le mariage de l’homme et de la femme est le lieu magnifique et irremplaçable de l’amour personnel qui transmet la vie (…). La famille, dans sa vocation et dans sa mission, est un trésor de l’Eglise ».

Plus d’écoute de la part des prêtres : « Dans nos responsabilités de pasteurs, nous nous préoccupons de la vie des familles. Nous voulons être à l’écoute de leurs réalités de vie et de leurs défis dans leurs préoccupations, en leur donnant le courage et l’espérance qui viennent de la miséricorde de Dieu ».

► Davantage de préparation au mariage : « Le mariage chrétien ne peut pas se réduire à une tradition culturelle ou à une simple convention juridique : c’est un véritable appel de Dieu qui exige un discernement attentif, une prière constante et une maturation adéquate. Il faut donc des parcours de formation qui accompagnent la personne et le couple ».

► Plus d’accompagnement pour les « unions libres » : « Les multiples situations des couples vivant hors mariage doivent être abordées « de manière constructive, en essayant de les transformer en chemin de conversion vers la plénitude du mariage ».

► Dénoncer « avec fermeté » la « sexualité sans limite » : « Dans le monde actuel, ne manquent pas les tendances culturelles qui visent à imposer une sexualité sans limites dont il s’agit d’explorer tous les versants, même les plus complexes. La grande diffusion de la pornographie et de la commercialisation du corps, favorisées aussi par un mauvais usage d’internet, doivent être dénoncées avec fermeté ».

 

ROME

De nos envoyés spéciaux

La « bonne nouvelle au sujet de la vie de famille », non pas « réservée aux seuls catholiques » mais offerte « comme source d’espérance à tous les hommes ».

. Comme dans ce groupe italien, nombre de synthèses com­muniquées hier regorgent de formules pour souligner « la valeur évangélisatrice du mariage et de la famille ».

Mais c’est surtout le manque d’enraci­nement dans « l’Écriture et la Tradition vivante » de l’Église que déplorent nombre des 13 groupes linguistiques. Les évêques voudraient voir mentionnés « les couples de l’Ancien Testament », le Cantique des Cantiques, mais aussi les nombreux récits de « rencontres de Jésus avec les familles ». Il ne s’agit pas seulement de « citer des textes bibliques », précise toutefois le groupe anglophone, mais de « présenter la Bible comme la matrice pour la vie conjugale et familiale ». Très remarquée au sein du Synode, solidement argumen­tée – au point qu’elle sera traduite dans différentes langues -, la synthèse alle­mande met en garde toutefois contre une utilisation de l’Écriture qui ne servirait qu’à « fonder des convictions dogmatiques, juridiques ou éthiques ».

Plusieurs groupes s’accordent aussi sur le fait que le texte du Synode devra « par­ler davantage de fidélité et d’indissolubi­lité en termes de don et d’appel » plutôt que seulement en « termes juridiques », au risque de les présenter comme « un fardeau ». Pour le groupe du cardinal Ni- chols, archevêque de Westminster, la « divine pédagogie » doit aider à « trouver un langage accessible aux hommes et femmes de notre temps ».

En pratique, de nombreux pères syno­daux voudraient que le Synode suggère des pistes aux familles – les « meilleures pratiques » selon la formule du groupe du cardinal Pell – pour « honorer leur vo­cation » : celles-ci sont donc invitées à prier, à participer à la messe dominicale, à lire l’Écriture ensemble, mais aussi à « vivre le pardon ».

« Le Synode devrait encourager les parents à trouver dans les
écoles catholiques Tunique moyen à même de renforcer et approfondir l’éducation religieuse qui commence en famille », re­commande le groupe anglophone modéré par le cardinal Nichols.

Annoncer cette « bonne nouvelle » aux familles n’empêche pas – au contraire – de reconnaître et d’accompagner les situa­tions compliquées, rappellent plusieurs groupes de travail. Les histoires d’hommes et de femmes en quête de bonheur « sont complexes, faites de joies et de peines (…), de fidélités et d’abandon. Elles sont aussi parfois l’occasion d’épreuves difficiles, d’échec ou d’erreur », sou­ligne l’un d’entre eux, af­firmant – dans un projet de prologue à la deuxième partie – que « la miséri­corde est promise à toutes les familles, quel que soit leur degré de proximité ou d’éloignement de eette vé­rité ».

Dans sa synthèse, le groupe germanophone, citant saint Thomas d’Aquin, rappelle qu’« on ne peut traiter toutes les situations concrètes selon un principe général » (l’in­dissolubilité par exemple), mais une lec­ture « intelligente et sage » de celui-ci. « Il faudrait une pastorale personnalisée qui fasse davantage appel aux consciences », écrivent les évêques allemands.

 

ANNE-BÉNÉDICTE HOFFNER et SÉBASTIEN MAILLARD

| Pour le démographe, la réalité du métissage de la société

LA PREPARATION AU MARIAGE FAIT CONSENSUS

Le renforcement de la préparation au mariage fait consensus

| Les pères synodaux conviennent que la préparation au mariage mériterait d’être approfondie.

| L’idée de l’équivalent d’un catéchuménat accompagnant les futurs époux est partagée dans différents groupes de travail.

| Une meilleure préparation ne doit pas pour autant éviter de reconnaître les cas d’échecs conjugaux.

‘ ROME

De notre envoyé spécial permanent

Mieux vaut prévenir que guérir. Si la question des divorcés remariés est bel et bien débattue de nouveau au cours de ce Synode (lire ci-dessous), celle de la qualité en amont de la préparation au mariage revient aussi dans les discussions au sein des carrefours linguistiques, qui se pour­suivaient hier. Avec l’idée d’introduire l’équivalent d’un catéchuménat pour avancer à son rythme vers ce sacrement.

Avant même le début des travaux de l’Assemblée synodale, dans le vol retour des États-Unis, fin septembre, le pape François faisait remarquer : « Pour deve­nir prêtre, il y a une préparation de huit ans; puis, étant donné que cela n’est pas définitif, l’Église peut t’ôter l’état clérical. Pour se marier – et cela dure toute la vie -, il y a quatre cours, quatre fois… Il y a quelque chose qui ne va pas. » Un père
synodal, jésuite, en convient. Les religieux prononcent souvent des vœux successifs sur plusieurs années avant d’être pleine- . ment admis dans l’ordre. L’entrée des époux dans le mariage pour toute la vie paraît, à cette aune, précipitée.

En réaction, un intervenant hispano­phone au Synode a proposé que les pa­roisses refusent de célébrer tout mariage qui n’aurait pas-fait l’objet d’« au moins six mois de noviciat », sous forme d’ac­compagnement pour aider les couples à élaborer leur propre projet de vie com­mune. L’idée d’une sorte de « catéchu­ménat du mariage » séduit l’archevêque de Lille, Mgr Laurent Ulrich, autre père synodal : « Dans une société sécularisée, il n’y a pas de contact avec l’Église sauf pour les sacrements. Il faut chercher les zones de contact. La préparation au ma­riage doit aussi préparera la vie chrétienne dans le mariage, aider à découvrir que la parole de Dieu est essentielle, que les rites sont signifiants et pas seulement rappeler les quatre piliers du mariage. Cela peut être par exemple assister à la messe de Pentecôte ou à un baptême. Il faut que nous partagions une expérience spirituelle avec ceux qui demandent le sacrement. » Le terme de catéchuménat renvoie au chemin qu’accomplissent des adultes qui se préparent au baptême durant plusieurs années, selon les personnes.

Des participants africains au Synode,
quant à eux, mettent en avant l’avancée vers le mariage par étapes, souvent en pratique sur le continent. «Il y a d’abord le mariage coutumier au cours duquel se rencontrent les deux familles pour qu ‘elles entourent et soutiennent, y compris ma­tériellement, le jeune couple, qui ne coha­bite pas encore. Puis vient la constitution de la dot, qui doit être symbolique et non pas conduire à s’endetter.

Enfin le mariage civil puis religieux. Le tout peut parfois durer de deux à trois ans », énu­mère Thérèse Nyira- bukeye, auditrice rwandaise au Synode, qui développe un ac­compagnement post­matrimonial jugé tout aussi essentiel par l’As­semblée.

Il s’agit d’abord d’ai­der un couple à vivre, sans « obsession sacra­mentelle », selon la formule d’un autre père synodal. « Le sacrement est un signe efficace de la grâce mais pas exclusif», souligne à La Croix le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et pré­sident délégué de l’actuel Synode, inté­ressé également par l’idée d’un catéchu­ménat vers le mariage qui offre une vraie
occasion d’évangélisation. Mais cela exi­gerait une capacité d’accompagnement des communautés paroissiales qui n’en ont pas toujours les moyens. Les futurs époux doivent aussi être prêts à s’investir dans une telle démarche alors que souvent l’un est davantage en recherche que l’autre.

L’Église catholique ne part toutefois pas de rien en la matière. En France, une pré­paration dure en moyenne de neuf à douze mois, associant parfois le témoignage de couples mariés. Des offres sont aussi pro­posées pour accompagner les premières années de mariage. Dans d’autres confes­sions, le rite de mariage est souvent cé­lébré sans aucun approfondissement de la foi au préalable.

Si l’idée générale d’une préparation plus adaptée au mariage semble faire consensus au Synode, elle ne doit pas évacuer pour autant la question du di­vorce. « Même si la préparation durait quinze ans, cela n’exclurait pas l’échec, qu’il faut savoir reconnaître », signale une autre auditrice de l’Assemblée, Na thalie Mignonat, membre des Équipes Notre-Dame. « La préparation au ma riage offre des marges d’amélioration », convient l’évêque d’Oran, Mgr Jean Paul Vesco, « mais son renforcement ne doit pas faire croire qu’il évite l’échec possible d’un mariage ».

ENTRETIEN avec le CARDINAL CHRISTOPH SCHÔNBORN, archevêque de Vienne [1]

« Au Synode, deux groupes seront déçus, les rigoristes et les laxistes »

Le cardinal Christoph Schônborn analyse la conversion pastorale à laquelle sont appelés les pères du Synode auquel il participe.

Le Synode a commencé il y a presque deux ans. Quel a été le rôle du temps dans ce processus?

Cardinal Christoph Schônborn:

Le pape utilise un néologisme qu’il a créé lui-même dans Evangelii gaudium, « primerear », pour dire ce qu’il est en train de faire avec le Synode : initier un chemin en commun. Il veut éviter ce qui se passe généralement avec les synodes : on en discute pendant trois semaines, puis sort un document pontifical et, très vite, c’est oublié, alors que le pape Fran­çois, manifestement, souhaite un effet plus approfondi grâce à un cheminement par étapes.

Pour ce faire, il a explicitement poussé à ce que les débats soient ouverts, les discussions menées avec franchise, cou­rage et dans une écoute humble. Ce pro­cessus, bien sûr, a provoqué des inquiétudes, parfois même un certain alarmisme. On peut craindre que les dis­cussions creusent les divisions, mais le Saint-Père me semble très confiant dans le fait que l’Esprit Saint saura conduire l’Église à une parole de vérité et de mi­séricorde.

Les positions ont-elles évolué ?

  1. S. : Nous, les évêques, sommes souvent très abstraits. Mais le simple fait que l’on parle non seulement de la doctrine, mais aussi des situations telles que les familles les vivent, des couples de fait, des familles « patchwork », est déjà un grand pas.
  2. Parfois, certains ont peur qu’en regardant la réalité telle qu’elle est vécue, cela relativise la doc­trine et lui nuise. D’autres craignent que la simple réaffirmation de la doctrine n’aide pas le peuple chrétien.
  3. Les deux sont né­cessaires.
  4. Le défi de la conversion pastorale à laquelle le pape invite, c’est de voir qu’entre la doctrine et la pastorale, il n’y a pas de fossé. Nous ne nous éloignons pas de la doctrine en ayant ce courage de la proximité, de la réalité quotidienne des gens.
  5. La doc­trine, ce n’est pas d’abord un sac à dos plein de briques qu’on doit porter mais c’est avant tout une relation vivante, l’Évangile que le Seigneur nous donne pour notre route.

Comment articuler doctrine et miséricorde sans être dans la relativisation ou le jugement ?

  1. S. : L’approche de Jésus est pour nous la boussole. Dans ses rencontres, il regarde d’abord la personne et non la case dans laquelle on peut la mettre.
  2. Il la regarde avec ce regard d’infinie bonté qui, d’ailleurs, a ouvert si souvent le cœur de ceux qui l’ont rencontré. C’est ce que fait tout bon prêtre, tout chrétien. Considérer la per­sonne avec son histoire, les signes de la présence de Dieu dans sa vie, et puis son cheminement. Et on avance à ses côtés. C’est aussi ce que font les parents avec leurs enfants qui, très souvent, vivent en­semble avant de se marier, ou qui, comme cette mère me le confiait récemment, ont un enfant homosexuel.

Comment abordez-vous ces situations, irrégulières aux yeux de l’Église ?

  1. S. : Regardez comment le font des parents croyants qui aiment leurs enfants. Ils souhaitent évidemment que leurs en­fants se marient sacramentellement. Leur propre expérience leur a enseigné que le sacrement est un trésor de vie, mais, avant de porter un jugement, il nous faut d’abord regarder pourquoi tant de jeunes vivent ensemble. Il y a tant de raisons : ils ont vu les malheurs de leurs parents divorcer, ils ont des difficultés économiques. Comment voulez-vous qu’ils fondent un foyer? Avant de juger le comportement, il faut d’abord écouter et regarder ce qui se passe dans leurs vies. Pourquoi n’ont-ils pas encore découvert la richesse du sacrement ? Il faut les accompagner avec patience, discerner l’œuvre de Dieu dans chaque vie.

Quelles ouvertures peut-on attendre du Synode?

  1. S. : Ceux qui attendent que le Synode donne des règles générales pour tous les problèmes seront très déçus. On peut le prédire dès maintenant : il y aura deux groupes très déçus, les rigoristes et les laxistes.
  2. L’Église de Rome n’a jamais été ni rigoriste ni laxiste. Elle n’a pas accepté le rigorisme des premiers chrétiens contre ceux qui ont renié la foi devant la persé­cution, pas plus que le donatisme, le jan­sénisme, toutes les idéologies rigoristes. Mais elle a aussi rappelé les hautes exi­gences du chemin chrétien, et le laxisme ne peut être le chemin.

RECUEILLI PAR CÉLINE HOYEAU

0) Le Regard du bon pasteur, entretien avec Antonio Spadaro, Parole et Silence/La Civiltà Cattolica, 140

la Croix mercredi 7 octobre 2015

Le Synode sur la famille aujouriejom Le pape a pris la parole hier, à l’Assemblée synodale, pour défendre la nouvelle méthode de travail présentée la veille.

| Il a pris ses distances après l’introduction

faite par le rapporteur général,le cardinal Erdô, afinde stimuler le débat.

| Les clivages du Synode de l’an dernier se redessinent.

ROME

De notre envoyé spécial permanent

Le pape François a créé la surprise au deuxième jour des débats du Synode en prenant la parole. Une intervention qui, selon un témoin, a « apaisé » un début de Synode marqué par deux types de mé­contentements. Ceux, d’une part, qu’irrite la nouvelle méthode de travail et en par­ticulier la façon dont sera élaboré le rap­port final. Ceux, d’autre part, qui ont eu l’impression que le sujet controversé de l’accès aux sacrements des divorcés re­mariés était déjà clos.

Vis-à-vis des premiers, le pape a fait acte d’autorité en prenant la défense de la nouvelle méthode de travail telle que l’avait présentée le secrétaire général du Synode, le cardinal Lorenzo Baldisseri. Elle prévoit une dispersion en groupes linguistiques plus tôt que d’ordinaire, en suivant un grand thème par semaine, et supprime l’élaboration d’un rapport in­
termédiaire. C’est surtout la manière dont sera façonné le rapport final qui inquiète ses détracteurs, voyant dans la composi­tion des dix chargés de le rédiger un risque de partialité. Il a été rappelé que le pape avait appuyé cette nouvelle méthodologie, ayant participé personnellement à toutes les réunions préparatoires au Synode. De fait, c’est aussi lui qui a nommé la com­mission pour le rapport final, où l’on re­trouve plusieurs de ses proches.

Le Synode se poursuit donc selon cette nouvelle méthode de travail. Les 13 groupes linguistiques devaient être formés hier après-midi et élire leurs présidents et rapporteurs. Leurs propositions thé­matiques chaque semaine devront ali­menter la rédaction du rapport final.

Le pape a aussi répondu hier matin à ceux qui, sur le fond, avaient le sentiment, après l’introduction des débats lundi par le rapporteur général du Synode, le car­dinal Peter Erdô, que celui-ci avait trop fermement encadré la discussion sur l’ac­cès aux sacrements des personnes divor­cées et civilement remariées. Laquelle avait divisé le premier Synode l’an dernier et continue de cliver la présente Assem­blée. « Le pape a pris la parole au Synode pour rappeler qu’il s’inscrivait dans la continuité de celui de l’an dernier à partir des interventions qu ‘il y avait faites et du rapportfinal (de l’an dernier, NDLR) », a indiqué le porte-parole du Vatican, le P. Federico Lombardi. Une manière de laisser le débat bien ouvert puisque les trois documents cités par le nan» ———
prennent pas l’introduction du cardinal Erdô. En substance, il ne faut pas qu’il confisque le débat.

Dans cette intervention, le pape a aussi affirmé « que la doctrine sur le mariage n’était pas touchée », a également assuré le P. Lombardi. Mais est-ce que la question concernant les divorcés remariés relève de la doctrine, ou touche-t-elle à la dis­cipline des sacrements ? Invité hier à échanger avec la presse, Mgr Paul-André Durocher, président la Conférence épis­copale du Canada, a reconnu qu’il ne pouvait à ce stade répondre à une telle question, au début d’un Synode où la ligne entre ce qui est doctrinal et ce qui est pastoral apparaît encore floue.

« Le pape a demandé de ne pas réduire la discussion à la question de la commu­nion aux divorcés remariés », a ajouté le P. Lombardi, toujours à propos de l’inter­vention imprévue du pape François. Une manière de faire retomber la tension tou­
jours vive à ce sujet. De fait, hier en plé­nière, les interventions d’évêques de tous les continents ont porté aussi sur des pro­blèmes aussi graves que les mariages forcés, la polygamie ou les familles éprou­vées par la migration.

Hormis ces prises de parole tous azi­muts, ne devant pas excéder trois minutes. chacune, et au-delà de la question pré­cise des divorcés remariés, la division de fond qui resurgit parmi les pères sy­nodaux ojipose, comme l’an dernier, ceux pour qui les menaces sur la famille dans les sociétés appellent une claire affirmation de l’enseignement de l’Église en la matière et ceux pour qui ces chan­gements de société exigent de changer de langage et d’approche, au risque sinon de devenir inaudibles et de faire appa­raître l’Église telle une secte. Lundi soir, les évêques allemands au Synode ont tenu une conférence de presse avec leur président, le cardinal Reinhard Marx, pour redire qu’il était impossible que deux ans de débat ne débouchent sur aucun changement.

« Les deux camps s’expriment mais la majorité se situe entre les deux et cherche à tenir les deux bouts », relève une obser­vatrice des travaux. C’est tout le défi lancé par le pape François dont l’intervention a cherché à remettre l’exercice synodal sur les rails. Les travaux en groupes lin­guistiques à partir de ce mati” ———————-

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