ACAT – Compte Rendu Réunion

Compte Rendu de la réunion du Vendredi 3 novembre 2017

Participants : 
Gianni Agostini – Marie-Jeanne Andrieux – Jean-Michel Bardet – Claire Bielak
Madeleine Chauché – Claire Désert – Jean-Jacques Désert – André Honegger
Christiane Leblanc

 

Temps de prière :
Lecture du 5 novembre : « Ils disent et ne font pas » (Mt 23, 1-12)
Prière : Psaume 130(131) Garde mon âme dans la paix.

Thèmes du Jour :

I/ Article proposé par l’ACAT avant le 19ème congrès du Parti communiste chinois :

Point de vue de Shi Xintian, un universitaire catholique installé à Hongkong, observateur attentif de l’évolution politique et religieuse en Chine continentale, transmis par l’ACAT (résumé) :

 Un quinquennat musclé :
– Tradition autoritaire et rigide qui remonte à Mao Zedong
– Confucianisme remis à l’ordre du jour : soumission à l’empereur
– Dissidence sévèrement réprimée
– Contrôle du gouvernement sur l’Internet chinois
– A la mort du Prix Nobel de la paix 2010, Liu Xiaobo, ils ont été impitoyables envers sa femme et ses soignants.
– Opposition à la démocratisation de Hongkong

♦ La folie des grandeurs :
Projet gigantesque de Xi Jinping (1700 milliards de dollars) : Nouvelles Routes de la Soie, pour le commerce :
– Une route passera par Djibouti pour desservir l’Afrique
– Une autre aboutira à Lodz, en Pologne, avec des prolongements prévus vers Lyon, Madrid, ou encore Berlin.
Déjà un aéroport gigantesque est en construction à Lodz ; cette construction est financée par Pékin.

♦ Les religions en Chine : marge de liberté diminuées :
– les Ouïghours musulmans et les Tibétains lamaïstes sont surveillés en permanence et des opérations de polices sont régulièrement déployées pour arrêter les ‘terroristes’, les ‘éléments obstinés’ et les ‘rebelles’.
– Les chrétiens :
◊ Restrictions aux célébrations imposées en 2014, lors de la fête de Noël, considérée comme une fête occidentale ;
◊ Entre 1200 et 1700 croix au sommet des églises ont été abattues en 2014-2015 dans la province du Zhejiang,
◊ Certaines églises ont été démolies parce que construites sans permis.
◊ Les enfants dans 4 provinces chinoises ne peuvent plus entrer dans les églises car cela entrave leur éducation à l’athéisme.
◊ Des évêques sont empêchés d’exercer leur ministère : l’évêque de Whenzou est régulièrement soustrait à ses fidèles, l’évêque de Shangaï est en résidence surveillée, ainsi que l’évêque de Zhouzhi de 2005 à 2015.
◊ Les négociations sino-vaticanes sont considérées inutiles par le cardinal Zen Ze-Kiun, évêque émérite de Hong-Kong, mais le cardinal John Tong insiste sur la nécessité de poursuivre le dialogue avec Pékin.
◊ Déclarations du gouvernement : « Les religions doivent renforcer le sens de l’Etat » (déclaration du 27 janvier 2014 de Yu Zhengsheng, numéro 4 du comité permanent du bureau politique),
◊ « Le Parti doit diriger et contrôler les religions […] et nous garder contre toute influence étrangère » (discours du 23 avril 2016, Xi Jinping).

♦ Les chrétiens chinois en ont vu d’autres.
Quand le gouvernement menace, ils restent calmes, baissent la tête et se font plus discrets mais continuent de se réunir et de prier ensemble. Ils croient en cette parole du Christ : « Ne crains pas, petit troupeau ! » (Lc 12, 32). De plus, ils savent que certains discours politiques sont sans lendemain et n’atteignent pas les paroisses à la base car les cadres du Parti qui les surveillent, parfois, craignent de se faire mal voir par la population locale. Alors, leur réaction, c’est l’attentisme !
Sans surprise, Xi Jinping a obtenu mercredi 25 octobre un nouveau mandat de cinq ans à la tête du Parti communiste chinois.

 

II/ Rappel de la détention de Mgr Su Zhimin, évêque « clandestin » du diocèse de Baoding, l’un des bastions de l’Église catholique en Chine. (Fiche info)

Un nouvel appel a été lancé par l’ACAT au mois d’août et nous avons prié pour l’évêque au cours de la nuit des veilleurs en juin.

Vous pouvez encore intervenir :

Adressez ce modèle de courrier par email, fax ou courrier à l’adresse indiquée dans la lettre

 

III/ Mail aux adhérents et bénévoles de tous migrants :

♦ Notre nouvel Appel au Pt de la République, représentants de l’Etat, parlementaires et citoyens a été transmis aux médias.

♦ Renforcement des contrôles de police dans la Clarée et sur la route de Montgenèvre.

♦ Besoins Accueil d’urgence (CRS) : Bénévoles pour relayer ; Produits alimentaires et d’hygiène ; Voitures pour descendre les mineurs à Gap ; Famille d’accueil.

 

IV/ La peine de mort : le Pape dit non (article de La Croix du 12 octobre 2017)

Le pape François a estimé, mercredi 11 octobre, que la doctrine de l’Église catholique devait pouvoir évoluer, notamment sur la peine de mort. La question de la peine capitale interroge profondément les religions tant elle touche à la définition même de la vie. Le point sur les positions des confessions chrétiennes et des religions monothéistes sur la peine de mort.

Peine de mort, ce qu’en disent les religions et les confessions chrétiennes – Arnaud Bevilacqua, le 12/10/2017 à 17h49

Judaïsme
Alors que la peine capitale était reconnue par la tradition rabbinique selon quatre modalités (lapidation, bûcher, épée et strangulation), elle a évolué avec le changement des mentalités. « La peine capitale n’a pas été déclarée abolie, mais les conditions de son application sont tellement complexes qu’elle est impossible », explique Jean-Christophe Attias, directeur d’études à l’École pratiques des hautes études et spécialiste du judaïsme. En Israël, la peine capitale est retenue dans le cadre de crime de génocide et d’actes de trahison mais le seul cas d’exécution dans le pays fut celui du criminel nazi Adolph Eichmann en 1962. « Si la peine de mort n’est, en principe, pas jugée illégitime, il y a quand même la volonté de ne pas s’arroger une prérogative divine et un tel respect de la vie humaine qu’on répugne à la retirer. »

Islam
Parmi les cinq pays où Amnesty International a recensé le plus grand nombre d’exécutions en 2016, quatre sont majoritairement musulmans : l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak et le Pakistan. « Et, sauf en droit, ne tuez point la vie qu’Allah a rendue sacrée. Quiconque est tué injustement, alors Nous avons donné pouvoir à son proche [parent]. Que celui-ci ne commette pas d’excès dans le meurtre car il est déjà assisté par la loi », est-il écrit dans le Coran (17,33). « La loi islamique est claire en ce qui concerne le meurtre : la peine capitale est prononcée par l’autorité centrale selon la loi du ’un pour un’ selon des conditions strictes ; de même pour ceux qui prennent les armes contre des innocents à l’image de Daech, explique Tarik Abou Nour, imam et théologien. La loi du talion est faite pour protéger la vie. Il s’agit de faire prendre conscience qu’on risque sa vie en attentant à celle d’autrui. Mais la peine est rarement mise à exécution. »

Au Maghreb par exemple, la peine capitale n’est plus appliquée depuis plus de 20 ans mais demeure très répandue au Moyen-Orient. « La peine de mort fait débat depuis longtemps puisque dans l’islam la vie est sacrée et perçue comme un dépôt de Dieu en nous puisqu’il a créé la vie et la mort », souligne Tarik Abou Nour.

Protestantisme
« La peine de mort a longtemps été admise comme légitime par la tradition éthique protestante (Luther ou Calvin l’approuvent) au nom d’une compréhension littérale du pouvoir de l’autorité politique d’user du « glaive » (Rom. 13, 4) comme anticipation du jugement de Dieu, ou au nom d’une théorie de l’expiation réparatrice. » (Encyclopédie du protestantisme, Cerf/Labor et Fides, 1995). Les débats éthique et théologique ont pris de l’ampleur sur cette question au XIXe et XXe siècle. Un courant abolitionniste gagne les milieux théologiques protestants et de nombreux fidèles s’engagent dans différents mouvements contre la peine de mort. En août 1989, l’Alliance réformée mondiale affirme ainsi clairement sa position : « Là où la peine de mort est préconisée, l’amour rédempteur et réconciliateur de Dieu est violé. »« L’idée d’une incompatibilité entre l’Évangile et l’espérance qui existe pour chaque personne avec la peine capitale s’est imposée, assure le pasteur Louis Schweitzer, ancien membre du Comité consultatif national d’éthique. Seuls une minorité d’évangéliques trouvent qu’elle est bibliquement acceptable. »

Orthodoxie
Les Églises orthodoxes n’ont pas de position unifiée sur la question. En mai 1998, Alexis II, patriarche de Moscou, affirmait que « la peine capitale constitue un homicide avec préméditation et une violation du commandement biblique enjoignant de ne pas tuer ». De même, l’Église orthodoxe d’Amérique s’est clairement prononcée contre la peine de mort dans une résolution du Concile de 1989. En Russie, où la dernière exécution remonte à 1999, l’Église orthodoxe russe a assuré, en 2000, qu’elle « croit que la décision d’abolir ou de ne plus appliquer la peine de mort doit être prise librement par la société, en prenant en considération le taux de criminalité et l’état de développement de son système judiciaire et plus encore le besoin de protéger la vie de ses membres. » Certains religieux orthodoxes se sont exprimés pour la suppression du moratoire sur la peine de mort dans le cas d’actes terroristes.

Catholicisme
La première version du Catéchisme n’exclut pas le recours à la peine de mort « dans les cas d’extrême gravité ». Elle la justifie « si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains » (§2267). Mercredi 11 octobre, le pape a estimé que la doctrine exprimée par le Catéchisme de l’Église catholique n’était pas figée et qu’elle devait pouvoir évoluer, notamment sur la peine de mort.

Peine de mort, le pape dit non (Mélinée Le Priol et Nicolas Senèze (à Rome), le 12/10/2017 à 18h07

Si la parole des papes, depuis Jean-Paul II, ne souffre plus aucune ambiguïté sur cette question, le Catéchisme continue pour l’heure de tolérer la peine capitale en cas « d’absolue nécessité ».

Dissiper les dernières ambiguïtés du Catéchisme de l’Église catholique au sujet de la peine de mort : voilà le souhait qu’a fermement exprimé le pape François, mercredi soir 11 octobre à Rome. « Aussi grave soit le crime commis, la peine de mort est inadmissible parce qu’elle attente à l’inviolabilité et à la dignité de la personne », a-t-il martelé dans un important discours devant les participants à un colloque du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation.

En son temps, Jean-Paul II avait déjà buté sur l’épineux sujet de la peine de mort dans le Catéchisme. Bien que très attaché à la défense de la vie jusqu’à sa fin naturelle, le pape polonais n’avait pas réussi à y introduire une condamnation ferme de la peine capitale, bridé par l’enseignement d’anciens papes qui l’admettaient.

Ainsi, même dans sa version corrigée de 1998, le Catéchisme permet encore le recours à la peine de mort, « si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains » (§2267).

Peine de mort : l’évolution du « Catéchisme » La Croix, le 12/10/2017 à 17h44

Le Catéchisme de l’Église catholique (CEC) est un ouvrage d’instruction à la doctrine catholique, résumant la foi, l’enseignement et la morale de l’Église catholique. Cette somme de plus de 650 pages a été publiée le 7 décembre 1992 puis rééditée, dans sa version définitive, en août 1997.

► 1992 : La première version du Catéchisme n’exclut pas le recours à la peine de mort « dans les cas d’extrême gravité ». Elle la justifie « si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains » (§2267).

► 1997 : Parmi la centaine de modifications que comporte l’édition définitive du Catéchisme par rapport à la version de 1992, la plus notable concerne la peine de mort. Le Catéchisme reprend désormais la position de l’encyclique « Evangelium vitae » de 1995 (§56), qui rend la peine capitale inapplicable en raison du progrès de nos sociétés. « Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’État dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable « sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants » (Evangelium vitae, n. 56) »

► 11 octobre 2017 : Le pape a estimé mercredi 11 octobre que la doctrine exprimée par le Catéchisme de l’Église catholique n’était pas figée et qu’elle devait pouvoir évoluer, notamment sur la peine de mort.

  

V/ Actualités de l’ACAT :

♦ Ce mois-ci les appels sont destinés à soutenir Germain Rukuki, ancien membre de l’ACAT-Burundi emprisonné pour avoir défendu les droits de l’homme. L’ACAT-Burundi est une association actuellement interdite par les autorités du Burundi. Le retrait tout récent du Statut de Rome (traité qui a créé la Cour pénale internationale) permet au Burundi de ne pas coopérer avec la Cour si celle-ci décidait d’ouvrir une enquête sur les innombrables exactions commises.

♦ Il est également proposé une croix pour le temps de l’Avent qui sera distribuée avec les appels du mois de décembre.

 

Madeleine Chauché

 

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